Voici proposé en partage quelques paroles de Sidi Ibrahim al-Qurashi al-Dissouqi(qs),neveu maternel de Sidi Belhassen al-Shadhili,et Maitre fondateur de la Tariqa Burhaniya Dissouqia Shadhilia.
« Il incombe au disciple, lorsque son maître est physiquement présent, de ne prononcer un mot
que s’il l’y autorise. En son absence, il devra lui en demander la permission avec son coeur et ce
jusqu’à ce qu’il s’élève au rang spirituel où il sera apte à en faire de même avec son Seigneur
Tout-Puissant.
Lorsque le Maître se rend compte de la considération et de l’attention que lui porte son disciple, il
l’éduque avec la subtilité du vin spirituel, l’abreuve avec l’eau de l’initiation et l’observe avec le
Secret Divin. Bienheureux est celui qui observe les règles de bienséance envers son initiateur,
malheureux est celui qui y faillit. »
"Le fort est celui qui est capable de marcher avec le faible et inversement,et les Fouqara sont une pluie abondante qui est aussi un sabre;si le Faqir vous sourit prenez garde à lui et ne le fréquentez qu'avec respect."
"Ne contestez pas à un Faqir son étape,ni son habit ni sa nourriture quels que soient cette étape,cet habit,et cette nourriture.Et ne contestez personne sauf si elle a enfreint un interdit de la loi,car la contestation entraine la tristesse et la contrariété qui peuvent l'amener à rompre avec son seigneur."
"Le fils du coeur est mieux que le fils du sang.A celui-ci revient l'héritage du patrimoine apparent alors qu'au fils du coeur appartient l'héritage spirituel du secret."
"Parmi les hommes on trouve des hommes,des demi-hommes,des quarts d'hommes et des hommes complets.Il y a aussi des adultes,des conscients et des arrivés."
"Mes enfants,par Allah,je vous conjure d'avoir peur d'Allah l'Exalté,car vous etes les moutons du couteau et les boucs émissaires de l'extinction,laissés au paturage afin d'engraisser,vous pour qui le four a été allumé et pour qui le couteau est en train d'etre aiguisé,protégez-vous ainsi que vos Familles d'un Feu."
(Cette phrase révèle la maitrise totale de Sidi Ibrahim dans la science de l'éloquence concise,en incorporant une partie d'un verset coranique sans le citer explicitement,laissant l'auditeur le compléter;"O vous les croyants!préservez-vous et vos Familles d'un Feu dont les hommes et les pierres seront l'aliment".(Coran 66/6).
"Le Faqir n'arrive pas à la perfection avant d'etre aimable avec tous les gens,d'avoir pitié d'eux et de cacher leurs défauts,et s'il prétend etre parfait tout en contestant ce que nous venons de rappeler alors c'est un menteur."
« Qui n’applique pas les préceptes de la Loi, qui n’aspire pas à la réalisation spirituelle, à la
pureté et à la noblesse, n’est pas mon enfant ; quand bien même il s’agirait de mon enfant de
sang. Par contre, celui de mes disciples qui se conforme assidûment aux préceptes de la Loi
(Sharî‘a), de la Vérité cachée (Haqîqa), de la Voie (Tarîqa), de la religion, de la chasteté, du
renoncement, de l’abstinence des actes défendus par crainte de Dieu ainsi que ceux du
désintéressement, celui-là est mon enfant, quand bien même il viendrait d’une lointaine contrée. »
Prends garde, ô mon frère, à prétendre qu’il t’est accordé un traitement spécial ou un état
spirituel. Sache que lorsque tu jeûnes, c’est Lui qui te fait jeûner. Lorsque tu te lèves, c’est Lui
qui te fait te lever. Lorsque tu agis, c’est Lui qui te fait agir. Lorsque tu vois, c’est Lui qui te fait
voir. Lorsque tu bois le vin des Gens de Dieu, c’est Lui qui te le fait boire. Lorsque tu pratiques
les actes de piété, c’est Lui qui te les fait pratiquer. Lorsque tu t’élèves spirituellement, c’est Lui
qui élève ton rang. Lorsque tu obtiens une chose, c’est Lui qui te l’a rendue accessible.
Entre toutes choses, tu devras donc te résoudre à admettre que tu n’es qu’un insoumis et que tu ne
peux pas t’attribuer la moindre bonne action. D’ailleurs, cela est vrai, comment pourrais-tu avoir
une bonne action à ton compte alors que c’est Lui qui a bien agi envers toi ? Et c’est Lui qui te
domine : s’Il le veut, Il t’accepte et s’Il le veut, Il te rejette. »
« Qui se montrera déloyal, sera comme s’il n’avait jamais existé.
Qui ne se conformera pas à nos paroles, ne voyagera pas dans notre caravane ni ne sera uni à
nous.
De nos enfants, nous n’aimons que celui qui a l’esprit chevaleresque et qui est doté de grandes
qualités morales. Celui-là seul est apte à recevoir le Secret en lui-même.
Alors mes enfants, puissiez-vous le jurer devant Dieu : n’agissez pas mal dans ma Voie ! Ne
faites pas de ma réalisation spirituelle un jeu entre vous ! Et soyez sincères, car plus nous vous
aimerons et plus vous serez placés au rang d’élite !
Ne vous mettez pas en colère contre nous et ne tentez guère de discréditer notre Voie par des
calomnies ! »
On raconte qu’un disciple était venu le voir, lui demandant s’il pouvait s’engager dans sa Voie. Il
le regarda puis lui dit : « L’engagement dans la Voie ne vaut que pour celui que les jours auront
broyé et que la Voie aura usé à cause des efforts qu’elle exige et qui aura fait preuve de loyauté
dans son comportement, pour celui qui aura complètement compris et assimilé le sens profond
des signes des Gens de Dieu, pour celui qui aura attentivement pris connaissance de ce que l’on
raconte à leur sujet en méditant dessus, et qui aura enfin compris le sens de tous leurs
mouvements, leurs pauses, leurs déplacements, leurs retraites et leurs apparitions. Si tu es sincère,
alors ne sois pas un impudent, ne te livre pas aux divertissements et ne sois pas frivole ! Il ne
s’agit pas pour le serviteur de proclamer : « Je me suis repenti envers Dieu » avec la langue et
non avec le coeur, ni de l’écrire sur un papier. Le seul repentir qui soit possible pour le serviteur
est de ne plus contempler les univers qu’avec les yeux de son coeur et de ne porter son attention et
sa considération à nul autre que son Seigneur. Si ces qualités s’avèrent ancrées chez le disciple,
en son intérieur, il sera alors apte à s’élever aux rangs des Hommes de Dieu. »
Sidi Fakhru-d-Dîn(qs) (Shaikh Mohamed Uthman Abduh al Burhani) lui a consacré ces vers élogieux:
« Ô Aba-l-‘Aynayn, vous êtes,
À bien y regarder,
La pure bénédiction de Dieu, venue de très Haut,
Transformant le renégat en fidèle soumis
Toi, qui à la naissance, fus Maître Absolu et
Accompli, se passant ainsi de l’élévation
Toi qui fus élu Maître Singulier,
Servant de refuge à tous
Toi qui fus Uni [à Dieu],
Par un Secret Eternel,
Toi, qui es donné en fontaine à laquelle
Désirent ardemment s’abreuver les véritables soumis
Toi dont il est fait l’éloge dans la poésie,
Toi qui es immense et Qâdirien
Toi qui portes le Sceau de la Pureté,
A la fois, Ahmadien et Shâdhilien
Toi dont l’époque est bénie,
Par celui qui a franchi les Pléiades
Toi dont le puissant soutien
Dans les grands malheurs, est tant espéré
Toi qui par le Lignage (4) es infaillible,
Sans toi, de honte, les têtes resteraient courbées
Toi dont l’épée, tirée du feu flamboyant des Noms (5),
Demeure toujours brûlante
Toi dont on emprunte le Chemin,
Qu’ hormis moi seul, nul ne connaît
Qui gagne l’Union par la Proximité,
Sera après sa Mort, vivant » (6)
wa Salam




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