Sa nature
Le caractère d’une personne est caché dans ce que les gens qui l’entourent voient en elle. La nature du
Cheikh
peut être expliquée de la meilleure manière que par ceux qui l’ont côtoyé depuis des années. Ceux qui ont partagés leurs années avec lui disent de lui : « Il donnerait toute sa vie pour l’application d’une seule Sounna. Nous n’avons jamais vu en lui de mauvais caractères comme l’orgueil ou la fierté. Il considère la célébrité comme un fléau. Il donne beaucoup d’importance à parler d’une manière à être bien compris de tout le monde. Les qualités comme la fidélité, la confiance ou la droiture sont ancrées en lui. Il aime être au service des autres. Lorsque sa santé le permettait et qu’il avait des invités, c’est lui-même qui s’occupait de leur service. »
Ceux qui l’entourent disent de lui qu’il est un exemple d’Adab et de bon caractère. Un de ses disciples raconte : « Lorsqu’il avait visité la tombe de son maître
Cheikh
Ali Haydar Efendi, il avait dit : « Si j’avais oublié mon turban à la mosquée, je serais retourné le chercher, mais je n’aurais pas visité mon chaykh sans turban sur ma tête. ». Le
Cheikh
, après avoir visité la tombe de son
Cheikh
, se reposait quelques minutes chez lui puis allait visiter la tombe du Cheikh Mustafa ‘Ismet Gharibullâh. Quand on lui demanda pourquoi il n’y allait pas directement alors que c’est sur la route, il répondit : « Pour ne pas visiter le
cheikh
"en passant". » Le
Cheikh
fait très attention de ne pas utiliser l’argent public pour ses propres besoins. Ainsi, lorsqu’il effectuait la retraite spirituelle (i‘tikâf) les dix derniers jours de Ramadan, jusqu’à la dégradation de sa santé, et que les nuits d’hiver étaient froides, il fit relier un câble de chez lui à la mosquée pour le chauffage pour éviter d’utiliser le courant de la mosquée. »
Il accordait une grande importance à ne pas violer les droits des gens depuis son plus jeune âge. Un de ses compagnons durant son service militaire raconte : « MahmudEfendi allait principalement à la mosquée durant les pauses. Après avoir fait les ablutions et prié etc., il arrivait souvent en retard à l’heure du repas. Les jours où il était en retard, je lui gardais un peu de nourriture. Il me demandait alors : « Cette nourriture vient-elle de notre caserne ou d’une autre ? » Lorsque je disais « non » il ne mangeait pas cette nourriture en disant que celle d’une autre caserne ne lui était pas permise, il préférait avoir faim. »
Il donnait beaucoup d’importance au dépôt. « Nous étions partis à Tekirdağ pour la da‘wa. Nous emmenions nos propres affaires pour nos besoins. Nous avions donc des ustensiles de cuisine. Mais nous avions oublié de prendre un verre. Nous en avons emprunté un à l’imam de la mosquée où nous étions. Au retour de notre voyage, alors que nous étions entrés dans la ville d’Istanbul, le
Cheikh
dit : « Avez-vous rendu le verre à l’imam ? » Personne ne répondit. Après vérification nous nous rendîmes compte que le verre était dans la voiture. Le
Cheikh
dit au conducteur : « Tourne de suite, nous repartons à Tekirdağ ! » Nous sommes donc retournés, sans rentrer chez nous, pour rendre le verre, puis nous sommes revenus à Istanbul. »
« Il possède un grand amour pour le Qor’ân mais aussi un grand respect. Lors de sa maladie, alors qu’il ne pouvait pas s’asseoir ni parler, il se mettait quand même assis au sol sur ses genoux et récitait son jouz’ de mémoire. »
Le
Cheikh
Mahmud Efendi, qui voit la célébrité comme un fléau, et qui refuse les interviews et les photographies, possède plusieurs paroles ou actes pouvant être qualifiés de prodiges (karâmat). Mais par respect pour sa parole reprise de Shâh Naqshiband : « Le plus grand prodige, c’est de suivre la Sunna du Messager d’Allâh sallAllâhu ‘alayhi wasallam », nous n’en citerons pas, du moins durant son vivant (qu’Allâh le préserve et allonge sa vie). Et concernant son Istiqâma, sa parole suivante est une preuve éclatante : « Le Prophète
a plus de 4000 sounna, si vous me voyez en délaisser ne serait-ce que 4, délaissez-moi ! »
Sa spiritualité
Cheikh Mahmud Efendi, depuis son enfance, vivait une vie de soufi. Il cherchait alors un Maître pour discipliner cette vie spirituelle. Il dit lui-même en parlant de ces années : « Lorsque j’étais enfant et que je mettais ma tête sur l’oreiller, je me disais : s’il y avait à l’autre bout du monde un guide kâmil et mukammil (accompli et qui complète), j’irais le trouver, même pieds nus, affamé et assoiffé. » Après ces recherches, le
Cheikh
s’est rattaché au Cheikh Ahmad Efendi,
Cheikh
de la Tarîqa Naqshibandiya dans sa région de Of. Il a continué sa formation spirituelle sous son égide jusqu’à son service militaire. Pendant son service, il rencontra le Cheikh Ali Haydar Efendi et se rattacha à lui. Lorsqu’il accomplit son service et qu’il partit s’installer près de son
Cheikh
, il reçut ces compliments : « Ô mon fils Mahmûd ! Trois jours après notre première rencontre, j’ai vu mon
Cheikh
(Ali Ridâ al-Bazzâz) dans le monde spirituel, il a pris ta main et me l’a donnée, puis il me dit : « Prends le, car il est à nous ! » Ô mon fils, même s’ils attachaient 50 ou 60 bœufs les uns aux autres pour me séparer de toi, ils n’y arriveraient pas ! »
Mahmûd Efendi pu visiter et participer aux assises de son
cheikh
de plus en plus souvent après son service militaire. Puis quelques années après, il ne le quitta plus. Le fils benjamin de
Cheikh
Ali Haydar dit à ce sujet : « Mon père restait seul avec le respectueux
Cheikh
Mahmûd à partir du moment du Douhâ (quand le soleil s’est élevé dans le ciel), et il faisait de longs discours. Mon père disait : « Ô mon fils, tu vois que je lui transmets tout ce que je possède. Mais je fais ça étape par étape pour pouvoir le contrôler. Ceci car aucun mental ne peut supporter l’acquisition d’un seul coup des sciences spirituelles. »
Le
Cheikh
Ali Haydar (Q.S.) a aussi transmis à Mahmûd Efendi ses riches connaissances de la littérature soufie. Il lui a enseigné la place dans la discipline du Soufisme des ouvrages tels que le « Mathnawî » de Mawlânâ Jalâladdin ar-Rûmi, les « Maktûbât » de l’Imâm ar-Rabbânî, les « Rashahât » de Sâfî Mawlânâ Ali bin Husayn, la « Risâlat-ul Qudsiyya » etc. Il disait pour situer la place du « Maktûbât » dans la littérature soufie : « Ô mon fils Mahmûd ! Le « Maktûbât » est un si grand livre, que le « Rashahât » ne peut en être que l’abécédaire (litt. Alif Bâ). »
Cheikh Mahmûd Efendi organisa son temps par rapport à celui de son
Cheikh
. En dehors des cours particuliers, il était aussi auprès de son
Cheikh
dans toutes ses assemblées publiques. Il dit à ce sujet : « A Istanbul, alors que nous étions avec Ali Haydar Efendi, nous faisions le Khatm Khâjagân (c’est le dhikr effectué en groupe et à voix basse de la Tarîqa Naqhshibandiya) à 4 ou 5 personnes. Ali Haydar Efendi était constamment surveillé, c’est pourquoi nous faisions le dhikr en petits groupes. »
Peu avant son décès, le
Cheikh
Ali Haydar appela Mahmûd Efendi puis lui dit : « Ô mon fils ! J’en ai reçu l’ordre, je vous laisse le dépôt. » Ce discours qu’il a fait à ses disciples montre aussi que
Cheikh
Mahmûd est le nouveau
Cheikh
de la zâwiya d’Ismet Efendi : « Celui qui prend la main de Mahmûd a prit ma main. Et en vérité, celui qui prend la main de ce faqîr (càd lui-même) a pris la main de Hadhrat Ali Ridâ al-Bazzâz. Ainsi, cette chaîne s’en va anneau par anneau au Messager d’Allâh (Sallallâhu ‘alayhi wa sallam). C’est ce qu’on appelle « Sahih Yed » (la main sûre, en arabe : « al Yad as-Sahîha »). »
Pour montrer l’importance de cette transmission de main à main dans l’éducation du disciple,
Cheikh
Ali Haydar donna cet exemple : « Pour amener de l’eau d’une source se trouvant à la montagne vers le village, il faut qu’il y ait des canaux reliés les uns aux autres. De la même manière que s’il manque un canal parmi les canaux, l’eau ne peut aboutir au village, lorsqu’il manque un maillon de la chaîne des Maîtres les flots divins ne peuvent aboutir au cœur du disciple. »
Mahmud Efendi, après être devenu
Cheikh
de la
Tariqa
, est resté très attaché à la tradition soufie dont il a hérité. Il a accompli le Khatm Khâjagân qui est composé de awrâd de Muhammad Bahâuddîn Shâh Naqshiband et d’autres Shouyoukh Naqshi comme il est, sans aucun changement. Pour lui, le Tasawwuf est la partie perfectionnement de l’Islâm. Ceux qui négligent les obligations doivent commencer par pratiquer la Shari‘a. Ceux qui ont de sérieux problèmes au niveau des œuvres doivent avant tout apprendre les ordres et interdits de l’Islâm. Les gens ne doivent pas être invités vers la Tarîqa mais vers l’Islâm.
Sa vision de l’Istiqâma
(la droiture, l’attachement profond à la Shari’a)
L’Istiqâma est le cœur de la Naqshibandiya. Elle n’est possible qu’en suivant le Qor’ân et la Sunna. Ces paroles rapportées par un de ses proches disciples expriment le cadre dans lequel il conçoit l’Istiqâma : « Ce Mahmûd, avec l’aide de son Seigneur, n’a rien eu d’autre comme occupation que le Qor’ân. » « Il est préférable que Mahmûd meure plutôt que de délaisser la prière Sunna du ‘Asr qui est non mouakkada (c'est-à-dire les 4 unités de prière surérogatoire avant la prière du ‘Asr). »
Les Mashâyikh de la Tarîqa Naqshibandiya n’ont jamais autorisé le délaissement d’une sunna, quelle qu’elle soit, mouakkada ou non. Ils ont souvent affronté de grosses difficultés pour faire vivre la Sunna dans les époques difficiles. Au moment où les vêtements rappelant l’Islâm étaient interdits,
Cheikh
Ali Haydar n’a jamais retiré son turban, et il conseilla
Cheikh
Mahmûd dans ce sens. Un jour, alors que
Cheikh
Mahmûd entra auprès de son
Cheikh
sans turban, il se fit réprimander de la sorte : « Mon fils Mahmûd ! Si tu viens auprès de moi sans turban encore une fois, je te renverrai ! » Mahmud Efendi s’est tellement imprégné de la Sunna du Prophète
qu’il dit que son cœur se remplit de joie à chaque fois qu’il repense à cette parole de son
Cheikh
: « Cette parole de mon maître m’avait parue tellement sucrée, que je sens encore ce goût aujourd’hui. »
Ses travaux d’éducation
Nous allons essayer de parler des travaux d’éducation du
Cheikh
en trois parties, pour mieux comprendre ses méthodes, qui sont différentes mais complémentaires.
Mahmud Efendi a commencé son travail d’éducation dans le village de Yaranoz (Kavakpinar) à Of. Lorsqu’il étudiait chez Dursun Efendi il a occupé le poste d’imam dans ce village. Il a eu beaucoup d’élèves durant cette période où il était imam. Alors qu’il n’avait que 15-16 ans, il laissa de bons souvenirs dans la mémoire des villageois de par son comportement. Il a réussi à organiser les villageois pour qu’ils construisent une mosquée qui était considérée comme grande à l’époque.
Les habitants de Kavakpinar disent au sujet de Mahmud Efendi qui était imam dans leur village : « Il était encore très jeune lorsqu’il est arrivé au village. Mais il paraissait plus mature que les gens plus âgés que lui. Il plut à tout le monde grâce à son comportement exemplaire, comme le fait qu’il montait sur une pierre pour faire les ablutions et ne pas recevoir de gouttes d’eau usée sur lui, ou le fait qu’il changeait de route lorsqu’il voyait des enfants jouer pour ne pas qu’ils arrêtent leur jeu, ou encore qu’il n’acceptait aucun salaire pour le poste d’imam qu’il occupait. »
1. La formation à travers le système des Madrasa.
Après avoir complété son service et s’être installé à Istanbul, la vie du
Cheikh
, qui était jusqu’à présent, un étudiant, prit une nouvelle tournure lorsque son
Cheikh
lui ordonna d’être l’imâm de la mosquée Ismailağa (le vrai nom de la mosquée est la Mosquée de
Cheikh
-ul Islâm Ismâ‘îl Efendi). Il est raconté cette anecdote au sujet de la mosquée d’Ismailağa. Le grand fils de
Cheikh
Ali Haydar, Sharif Efendi, vit en rêve une main qui sortait d’une tombe qui se trouve dans le jardin de la mosquée Ismailağa. Avec cette main, une voix dit : « Qu’attendez-vous ? Pourquoi ne réparez-vous pas cette mosquée ? ». Après ce rêve,
Cheikh
Ali Haydar fit rénover la mosquée d’Ismailağa qui était en ruine, puis il désigna
Cheikh
Mahmud Efendi imam de cette mosquée.
Après le décès de son
Cheikh
, Mahmud Efendi a préféré poursuivre ses travaux d’éducation dans sa mosquée plutôt que dans la zawiya d’Ismet Efendi. Ce qui a été la cause que sa jamâ‘a fût connue sous le nom d’Ismailağa. Le
Cheikh
a utilisé cette mosquée comme zâwiya d’un côté et comme madrasa d’un autre. Il a formé des centaines de personnes selon les programmes des madrasas ottomanes classiques, et leur a donné des ijâzate. Il a continué à former des gens à partir de l’année 1960 jusqu’en 2000.
Il a réorganisé les règles d’apprentissage classiques qui lui ont été léguées par
Cheikh
Dursun Efendi, Professeur à la Madrasa Sulaymâniya, et
Cheikh
Ali Haydar, Professeur à la Madrasa Fâtih. Il a continué la méthode classique basée sur l’étude et la complétion des livres. Il considérait comme un manque de respect envers les Salafs (générations passées) que de délaisser les livres qu’ils enseignaient. C’est pourquoi il commençait par enseigner des livres classiques comme en Nahw (grammaire arabe) « Molla Jâmi », en Usûl-ul
Fiqh
« Mir-ât-ul Usûl », en
Fiqh
« al-Hidâya », « Multaqâ », en Tafsir « Qâdi Baydâwî », « an-Nasafî » etc.
Cheikh
Mahmud n’a pas négligé de s’occuper personnellement des problèmes de ses élèves. Mehmed Kargili de Konya, qui participait aux cercles d’apprentissages du
Cheikh
en 1962, raconte : « J’étais muaddhîn à Fâtih. Après la prière du Fajr, j’allais à la mosquée d’Ismailağa et j’étudiais auprès du
Cheikh
jusqu’à midi. Puis l’après midi, je révisais et je lisais. A cette époque, j’avais 5 enfants, et je louais un appartement. J’avais du mal à payer mon loyer. J’ai alors décidé de trouver un second travail. Il fallait pour cela que j’arrête d’étudier. Un jour, après le cours, j’en ai parlé avec le
Cheikh
. Il m’a demandé de l’attendre. Il est parti chez lui, puis est revenu avec 3 bracelets appartenant à son épouse. Il m’a dit : « Tiens ! Ceci est un cadeau pour toi de notre part. Vends-les et paye tes loyers, mais ne délaisse pas les cours. » »
Cheikh
Mahmud Efendi enseigne qu’il faut étudier la Science pour l’appliquer, et que les savants doivent posséder la Sincérité. Ses élèves racontent que souvent le
Cheikh
disait après les cours : « Mes amis ! Quel va être l’effet de notre cours d’aujourd’hui sur notre pratique religieuse ? » Il estime logique que, dans le cadre de la Science-Pratique-Sincérité, ses élèves ne prient pas sans turban, qu’ils fassent attention de bien couvrir leurs corps, qu’ils laissent pousser la barbe etc.
Ses élèves à qui le
Cheikh
a donné des ijâzate ont formé, selon les mêmes méthodes, une troisième génération, qui a un bon niveau de connaissances de Tafsir,
Fiqh
, Usûl, Tasawwuf, selon le niveau en Turquie.
Cheikh
Mahmud Efendi a cessé de donner des cours à cause de certaines maladies, mais il continue de temps à autre de traduire ou expliquer des textes classiques qui sont lus en sa présence.
2. L’éducation de la société
Cheikh
Mahmud Efendi faisait une fois le tour de la Turquie par an avec certains de ses élèves, et ceci jusqu’en 1997. Le départ du voyage se faisait d’Istanbul, ils parcouraient la région de la Mer Noire, jusqu’à Trabzon, puis revenaient vers Erzurum, puis de là vers les villes du centre de l’Anatolie. Le
Cheikh
faisait des discours dans les mosquées où ils passaient, il invitait les gens à apprendre la religion, à pratiquer le Qor’ân avec la Sunna, à rester fidèle aux valeurs sacrées. Il restait avec les gens de la prière du Soubh jusque tard la nuit, discutait avec eux. C’est la raison pour laquelle il appelait ces voyages par leur but : « les voyages de Amr bi-l Ma‘rûf » (les voyages où l’on ordonne le bien). Ces travaux d’éducation des masses que le
Cheikh
nomme « Amr bi-l Ma‘rûf » n’a pas de limites quant aux lieux et aux interlocuteurs. C’est pourquoi, quelque soit la personne qu’il rencontre, que ce soit à Istanbul, ou dans le plus petit village de l’Anatolie, il lui parle même quelques minutes de l’Islâm et de sa pratique. Le
Cheikh
donne au moins autant d’importance à ces travaux d’éducation du peuple qu’à ceux de formation religieuse classique. Ses travaux de « Amr bi-l Ma‘rûf » ont portés beaucoup de fruits dans la vie de beaucoup de personnes.
Quand il s’exprimait lors de ces occasions, il se concentrait sur son rôle d’Imâm et Khatib, laissant de coté son rôle de
Cheikh
de zawiya. D’ailleurs dans certaines discussions ou discours, il ne parle pas un mot sur le Tasawwuf. Il invite les gens à l’Islâm, il explique le halal et le haram. Puis il laisse les choix personnels aux gens. La méthode que le
Cheikh
utilisait lors de ses discours que ce soit à la Mosquée du Sultan Salîm ou dans les mosquées d’Anatolie, était celle de
Cheikh
Ali Haydar , à savoir : quelqu’un récite des versets du Qor’ân, et le
Cheikh
fait ensuite le Tafsir de ces versets, puis il fait lire une lettre des « Maktûbat » de l’Imâm ar-Rabbânî (Q.S.) puis la traduit et l’explique, enfin il termine son discours avec un quatrain de la « Risâla al Qudsiyya » qu’il explique. Il insiste beaucoup plus dans ses discours sur la Shari‘a plutôt que sur la Tarîqa. Car il invite les gens dans ses discours vers l’Islâm. Un personne qui accepte et pratique les ordres et les interdits de l’Islâm va ensuite se rattacher au
Cheikh
qu’il veut.
Cette façon de faire du
Cheikh
a augmenté considérablement son respect auprès des gens et des autres groupes. La preuve en est que c’est lui qui a présidé les prières mortuaires de beaucoup de savants et cheikhs, comme les Cheikhs Mehmed Zâhid Kotku, Sâlih Efendi, Dursun Efendi, Muzaffer Ozak, Timurtas Uçar etc…
Cheikh
Mahmud n’a pas utilisé de microphones dans ses discours pendant des années. Aussi, il ne voyait pas d’un bon œil qu’on le photographie où que l’on enregistre ses discours. Il a toujours été gêné d’être mis en avant. Selon lui, le
cheikh
est quelqu’un qui disparait au milieu des gens. Il n’a cessé de cacher celui qui parle pour mettre en avant la parole elle-même. Il a ainsi toujours craint l’ostentation.
3. L’éducation soufie
La troisième branche des activités éducatives du
Cheikh
sont ses travaux spirituels. La finalité de l’éducation soufie prodiguée par le
Cheikh
est cette parole de Mawlânâ Bahauddîn Naqshiband (Q.S.) : « Le Tasawwuf consiste à être avec les gens extérieurement, mais être avec Allâh en vérité. » La personne qui veut entrer dans la Tarîqa doit d’abord consulter Allâh avec la prière. Après des réponses positives à ces consultations, on enseigne à ce disciple un programme composé d’awrâd et qui change tous les ans. Les contenus des awrâd sont tirés des Hadiths prophétiques et de compositions de certains Cheikhs Naqshibandi.
Les Naqshibandi veulent ainsi reproduire les invocations et litanies prononcées par le Prophète SAW au cours de Sa journée, et de ne faire qu’un avec Sa Sunna.
Cheikh
Mahmud insiste beaucoup sur le fait de suivre les chemins de la Sunna pour atteindre Allâh Ta‘âlâ. Il donne en exemple ces paroles de l’Imâm ar-Rabbânî (Q.S.) : « Si quelqu’un fait des adorations dans une montagne pendant 100 années, mais que ses adorations ne sont pas conformes à la Sunna, et qu’un autre se repose et dort à midi car le Prophète
faisait « qaylûla » à ce moment, le second récolte plus de récompenses que le premier. »
Le
Cheikh
insiste sur ces principes du testament du Cheikh ‘AbdulKhâliq al Ghujduwânî (Q.S.) :
« Apprends les sciences du
Fiqh
et du
Hadith
, reste loin des soufis ignorants, que tes biens soient les livres de
Fiqh
. Quand quelqu’un te vante, ne sois pas fier, et quand on te critique, ne t’attriste pas. Ne demande rien aux gens des biens de ce monde, soit pardonneur, compatissant. Distribue aux gens ce qu’Allâh ta distribué. »
Il ne suit pas les médias et les informations, mais se tient au courant par l’intermédiaire de ses élèves. Il questionne le plus souvent sur l’état des régions où les musulmans sont opprimés.
Ses relations avec les savants étrangers.
Cheikh Mahmud Efendi est aussi connu à l’étranger qu’en Turquie. Il a beaucoup d’admirateurs parmi des grands savants de la Oumma, tel le mufassir
Cheikh
Muhammad Ali as-Sâbûnî qui est rattaché au
Cheikh
. Le
Cheikh
Muhammad ‘Alawî al Mâlikî (Rahimahullâh), le grand Muhaddith, avait un lien très fort avec Mawlânâ Mahmud Efendi (Q.S.), qu’il considérait (ceci est sa propre parole) comme le plus grand Pôle de cette époque. Les grands savants tels que
Cheikh
Muhammad Sa‘id Ramadhân al Boutî, al Habîb ‘Ali al Jifrî, ou encore
Cheikh
Muhammad ‘Awwâma (qu’Allâh les préserve tous) viennent en premier lieu le visiter dès lors qu’ils se trouvent à Istanbul. Le grand savant syrien Cheikh ‘Abdurrazzâq al Halabî aime beaucoup le
Cheikh
et conseille à tous ses élèves qui vont en Turquie de visiter le
Cheikh
. Ces paroles du Cheikh Nuh Keller expriment bien le fait que le
Cheikh
est un aimant attirant les amis d’Allâh :
« Après la tombe d’Abû Ayyûb (compagnon RA), j’ai trouvé à Istanbul une spiritualité très forte dans deux endroits : la tombe de ‘Azîz Mahmud Khudâyî (Q.S.) et la mosquée de Mahmud Efendi (Q.S.). »
Qu’Allâh Ta‘âlâ nous fasse profiter de la baraka et de l’intercession de Ses Amis, Ses Serviteurs bienfaisants. Âmîn.
Wa SallaLlâhu ‘alâ Sayyidinâ Muhammadin wa ‘alâ âlihî wa sahbihî wa sallam.
P.S. : Le
Cheikh
n'autorisait pas jusqu'à peu la diffusion de photos où vidéos le représentant. Depuis quelques mois, il les a autorisé, c'est pourquoi je vais compléter inchaallâh ce thread avec quelques photos ou vidéos dans les jours qui viennent inchaallâh.
tiré de : www.mahmud-efendi.com
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