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Discussion: Poèmes de Rûmî..

  1. #1
    Tuqaddim Muntada-lfuqarâ' Avatar de daawa95
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    Par défaut Poèmes de Rûmî..



    Assalâmu`alaykum

    Poèmes de Jalâluddîn Rûmî



    L'habitude et l'oeuvre des sages et des voyants, c'est l'emerveillement
    Pour les aveugles, il y a la pensée et la reflexion
    Cent arbres merveilleux de l'Invisible font pleuvoir sur toi des fleurs
    Pourquoi frapper de la cognée les branches de la résignation


    ------------------



    Dis jusqu'à la nuit: Notre jour n'a pas de nuit
    Dans notre religion de l'Amour, il n'est d'autres religion que l'Amour
    L'Amour est cet océan sans limite et sans rive
    Beaucoup s'y noient sans plainte et sans gémissement


    ------------------



    L'amour est cette flamme qui, lorsqu'elle s'élève, brûle tout : Dieu seul reste


    --------------------



    Ecoute la fleur de jasmin chanter sa peine
    Et conter la douleur de sa Séparation :
    Depuis que je fus coupée de mon buisson
    Ma tristesse fit pleurer rois et reines.
    Que vienne un coeur déchiré par la Séparation
    Que je lui explique la douleur de l'Attente !
    Tous ceux qui furent amoureux avec passion
    Savent exactement de quoi parle cette plante.



    ------------------



    Je suis le bruit de l’eau dans les oreilles de l’assoiffé :
    Je viens comme la pluie du ciel,
    Lève-toi, ô amoureux, montre quelque impatience :
    le bruit de l’eau, toi assoiffé, et tu dors !


    -------------------

    Ecoute le ney (la flûte de roseau) raconter une histoire, il se lamente de la séparation :

    "Depuis qu’on m’a coupé de la jonchaie, ma plainte fait gémir l’homme et la femme.

    "Je veux un coeur déchiré par la séparation pour y verser la douleur du désir.

    "Quiconque demeure loin de sa source aspire à l’instant où il lui sera à nouveau uni.


    ------------------

    Si tu es la mer, je suis le poisson
    Si tu es le désert, je suis ta gazelle
    Remplis-moi de ton soufflre, je dépends de ton souffle
    Je suis ton hautbois, ton hautbois, ton hautbois.


    Aujourd'hui comme tous les jours, nous sommes détruits, détruits,
    Jusqu'au jour de la résurrection, nous n'échapperons pas aux flots.
    Une nuit, le clair de lune est venu égorger le sommeil
    Le clair de lune ne craint pas de verser le sang.


    Le Bien-Aimé est si proche de moi
    Plus proche de moi-même que ma propre âme
    Par Dieu ! de Lui, je ne me souviens jamais
    Car le souvenir est pour celui qui est absent.



    Mon Bien-Aimé dit : "Celui-ci, pourquoi vit-il ?
    Puisque je suis son âme, comment vit-il sans son âme ?
    Je pleurais, Il dit : "C'est étrange !
    Sans moi qui suis ses yeux, comment peut-il pleurer ?"




    Dernière modification par daawa95 ; 08/08/2008 à 02h34.

  2. #2
    Membre Junior Avatar de noussayma
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    Par défaut Re : Poèmes de Rûmî..

    [QUOTE=daawa95;8591]


    Assalâmu`alaykum

    [CENTER] Poèmes de Jalâluddîn Rûmî


    Salem wa alaykom

    Que penses-tu, ô mon coeur, de l'excuse de ces défauts?
    De ce côté, tant de fidélité, et de ton côté tant de négligence!
    De ce côté, tant de générosité, et du tien tant d'opposition et d'insuffisance!
    De son côté, tant de libéralités, de ton côté tant de défauts!
    De ton côté, tant de jalousie, tant d'illusions et de soupçons.
    De son côté, tant d'attraits, tant de goût, et tant de présents!


    Tant de goût, pourquoi faire? Afin que ton âme devienne douce.
    Et pourquoi tant d'attraits? Afin que tu te joignes aux saints.
    Que tu te repentes du mal, que tu deviennes orant d'Allah.


    En cet instant, s’il t’attire, c’est pour te sauver ;
    Te faire craindre le péché, te faire implorer le remède.
    Ne vois-tu pas en cet instant celui qui admoneste ?
    S’il ferme tes yeux, il te rend comme une balle dans ses mains ;
    Tantôt il te fait rouler, tantôt il te jette en l’air,
    Tantôt il met en toi le désir de l’argent, de l’or, de la femme,
    Et parfois, dans ton âme, la lumière de Mustafâ.


    De ce côté-ci, il te tire vers les heureux, de l’autre, vers les malheureux.
    Ou bien la barque passe, ou bien elle se brise dans les tourbillons.
    Fais tant de prière en secret, pousse tant de gémissement dans la nuit,
    Qu’enfin de la voûte des sept cieux une voix parvienne jusqu’à toi.


    Lorsque les cris de Shu’ayb, ses lamentations, ses larmes pareilles à la rosée
    Eurent dépassé toutes limites, une voix vint du ciel, à l’aube :
    « Si tu es pécheur, tu es absous, je t’ai pardonné tes péchés.
    Si tu veux le paradis, silence, je te le donne. Renonce à cette prière »


    Il répondit : « Non, je ne veux ni ceci, ni cela, je veux la vision de Dieu
    Si les sept océans deviennent de feu, j’y pénétrerai pour le voir.
    Si je suis chassé (de ce lieu où je ne puis le voir) et que mes
    Yeux pleins de larmes sont fermés à cette vue,
    En ce cas, je préférerais l’enfer, le paradis ne me convient pas.
    Sans sa face, le paradis est pour moi l’enfer est l’ennemi.


    Je suis brûlé par les apparences des couleurs et des parfums,
    Où est la gloire des lumières de l’éternité ? »
    On lui dit : « Enfin, cesse de pleurer, de peur que ta vue ne soit amoindrie,
    Car l’œil devient aveugle quand les larmes dépassent toutes limites »


    Il répondit : « Si mes yeux voient enfin ce Visage,
    Chaque parcelle de moi-même deviendra un œil, et je ne
    regretterai pas d’être devenu aveugle.
    Mais si à la fin cet œil reste privé de le voir,
    Mieux vaut que soit aveugle un œil qui n’est pas digne de l’Ami » !


    Dans le monde, chacun est dévoué à son ami,
    L’ami de l’un est un sac plein de sang, l’ami de l’autre est un soleil lumineux.
    Puisque chacun choisit un ami, bon ou mauvais, selon ce qui lui convient,
    Il est regrettable que nous nous anéantissions pour ce qui n’est pas Dieu.


  3. #3
    Tuqaddim Muntada-lfuqarâ' Avatar de daawa95
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    Par défaut Re : Poèmes de Rûmî..



    La voie de l'amour est un mystère, il n'y est point de querelle
    IL n'y a là d'autres qualités que le sens profond.
    Il n'est point permis à l'amoureux de discuter
    C'est de non-existence qu'il s'agit, et non pas d'existence.

    (Rubâi'yât)


    Celui qui dans son coeur recèle un amour, une quête,
    Si son âme ne s'ouvre pas aux autres, il existe une raison à celà.
    Va, reste en attente devant la demeure du coeur : car le Bien-Aimé invisible
    Vient à l'aube, ou bien ou milieu de la nuit.
    Une âme séparée est à la recherche de Dieu.
    C'est une chose rare, c'est une chose étrange.
    Des yeux qui, à partir de ce palais, en aperçoivent un autre,
    Possèdent la vision et méritent la louange.
    Celui qui est ainsi vit dans la proximité de l'âme ;
    Au moment de la mort, il est rempli de joie.
    Quand son pied heurte une pierre, une perle tombe dans sa main ;
    Quand son âme vient à ses lèvres, elle rencontre l'Amour plein de douceur.
    La couronne n'a point de prestige à ses yeux.
    Bien que sans père, ni mère, il est de haute lignée.
    Reste silencieux, ne dévoile pas partout les secrets :
    Dans l'assemblée des êtres aux âmes légères et pures, Bû-Lahab se trouve aussi.


    (Ôdes Mystiques)



  4. #4
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    Par défaut Re : Poèmes de Rûmî..



    Barakallah oufikum pour vos partages mes soeurs!

    Ces lectures sont toujours un plaisir qui enflamme le coeur des amoureux ...
    Mon coeur a été touché en ce jour merci encore.....

    Qu"Allah vous garde en sa proximité....


  5. #5
    Membre senior Avatar de makeda
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    Par défaut Re : Poèmes de Rûmî..

    As Salaam,

    Merci pour ces paroles : on ne peut que les boire à la lecture de celles-ci !!

    Djalal Ud Dîn Rûmi fait parti des très rares à avoir aussi exactement cerné le langage de l'impossible : d'une extraordinaire simplicité, totalement épuré pour aller droit à l'Essence même de ce que le coeur de l'aspirant vit pour l'amour d'Allah...

    Certains passagent ont un écho particulier... : terriblement ou magnifiquement véridiques. On peut y lire une gradation dans le cheminement de celui qui Le cherche... mais qui L'a déjà trouvé dixit un autre poète soufi.

    Pour ma part je comprends les choses ainsi :

    Au départ, le chercheur d'Allah Le cherche sans savoir qu'il est dans Sa Présence... Puis il prend conscience que Allah l'Adoré est de tout temps Eternelle Présence... De chercheur il devient amoureux puisqu'Il L'a trouvé au coeur même de lui même : son propre coeur... Durant tout ce temps, Allah était là : au seuil de notre coeur, prêt à y entrer et à y demeurer éternellement, en Lui même.

    Avec ce dévoilement, l'amoureux d'Allah pleure d'avoir vécu tout ce temps comme une créature inerte, ignorante de Lui... Et de là, après avoir été dans Son Absence, il est désormais dans Sa Présence : mais ça ne suffit pas !

    Les amoureux ne veulent qu'une chose au fond : que plus rien de subsiste en soi si ce n'est Lui.

    Qu'Allah nous abreuve de Son Amour et nous fasse mourir dans la plus proche de Sa Proximité. De toute façon pour l'amoureux d'Allah, la mort n'est qu'un pied de nez : là où les hommes courts pour la fuir, l'amoureux accourt puisqu'elle n'est que l'ultime porte qui mène à Sa Demeure... et pour ceux qu'Il aime encore plus à Sa Vision Ultime.


    Qu'est-ce qu'on donnerait pour Le Voir si ce n'est Lui même.


  6. #6
    Membre Junior Avatar de noussayma
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    Par défaut Re : Poèmes de Rûmî..

    Citation Envoyé par makeda Voir le message
    As Salaam,

    Merci pour ces paroles : on ne peut que les boire à la lecture de celles-ci !!

    Djalal Ud Dîn Rûmi fait parti des très rares à avoir aussi exactement cerné le langage de l'impossible : d'une extraordinaire simplicité, totalement épuré pour aller droit à l'Essence même de ce que le coeur de l'aspirant vit pour l'amour d'Allah...

    Certains passagent ont un écho particulier... : terriblement ou magnifiquement véridiques. On peut y lire une gradation dans le cheminement de celui qui Le cherche... mais qui L'a déjà trouvé dixit un autre poète soufi.

    Pour ma part je comprends les choses ainsi :

    Au départ, le chercheur d'Allah Le cherche sans savoir qu'il est dans Sa Présence... Puis il prend conscience que Allah l'Adoré est de tout temps Eternelle Présence... De chercheur il devient amoureux puisqu'Il L'a trouvé au coeur même de lui même : son propre coeur... Durant tout ce temps, Allah était là : au seuil de notre coeur, prêt à y entrer et à y demeurer éternellement, en Lui même.

    Avec ce dévoilement, l'amoureux d'Allah pleure d'avoir vécu tout ce temps comme une créature inerte, ignorante de Lui... Et de là, après avoir été dans Son Absence, il est désormais dans Sa Présence : mais ça ne suffit pas !

    Les amoureux ne veulent qu'une chose au fond : que plus rien de subsiste en soi si ce n'est Lui.

    Qu'Allah nous abreuve de Son Amour et nous fasse mourir dans la plus proche de Sa Proximité. De toute façon pour l'amoureux d'Allah, la mort n'est qu'un pied de nez : là où les hommes courts pour la fuir, l'amoureux accourt puisqu'elle n'est que l'ultime porte qui mène à Sa Demeure... et pour ceux qu'Il aime encore plus à Sa Vision Ultime.


    Qu'est-ce qu'on donnerait pour Le Voir si ce n'est Lui même.


    salem wa alaykom


    Merci ma soeur pour tes belles paroles, elles sont la traduction exact de mon état actuel.

    "ta tâche n'est pas de chercher l'Amour, mais de chercher et de trouver les obstacles que tu as construits contre l'Amour"
    Barak allah ma soeur, qu'Allah te comble de Ses bienfaits et deverse sur toi Sa miséricorde (amin)

    salem


  7. #7
    Membre senior Avatar de makeda
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    Par défaut Re : Poèmes de Rûmî..

    Citation Envoyé par noussayma Voir le message
    salem wa alaykom


    Merci ma soeur pour tes belles paroles, elles sont la traduction exact de mon état actuel.

    "ta tâche n'est pas de chercher l'Amour, mais de chercher et de trouver les obstacles que tu as construits contre l'Amour"
    Barak allah ma soeur, qu'Allah te comble de Ses bienfaits et deverse sur toi Sa miséricorde (amin)

    salem
    As Salaam,

    Nous partageons des états similaires que nous vivons à différents moments, incha Allah le meilleur des états c'est d'être soi en Soi par Lui, pour Lui et en Lui.

    C'est étrange et logique à la fois comme les états que vie celui qui va à Sa Rencontre sont si universels... Les mots sont souvents incapables de retranscrire ces "états", ces étapes du cheminement...

    J'ai sous la main un livre des paroles de Hussein Ibn Mansour Al Hallaj qui dit ceci :

    ¨"Ô Toi qui, du plus profond de moi,
    est resté près de moi pour m'être plus proche,
    Qui, en Ton divin, m'a placé dans l'éloignement
    comme ma précarité l'est de Ta perpétuité. "

    [....]

    "Je Te demande, au nom du sacré de ce qui T'est proche
    et dont Tu acceptes qu'il te soit proche,
    au nom des hiérarchies célestes, de ne pas me renvoyer
    là d'où en moi Tu m'as retiré, de ne pas me faire voir mon moi
    après me l'avoir caché..."



    Une parole de Hallaj prononcée dans un marché :

    "Ô peuple, si Al Haq s'empare d'un coeur, Il le vide de tous les autres.
    S'Il s'attache à une personne, Il l'anéantit au regard des autres.
    S'Il aime un sujet, Il encourage Ses fidèles à être les ennemis de celui qu'Il aime afin que le sujet ne prenne point d'autre direction que la Sienne.

    Que puis-je faire alors que je n'ai d'Allah et de Sa présence ni parfum, ni regard et que les autres toujours me considèrent comme leur ennemi ?"

    Cette dernière parole de Al Hallaj est terrible et merveilleuse en même temps : c'est la parfaite expression de l'amoureux qui veut Allah pour Lui même et se sent dans l'impuissance totale quant à faire advenir Sa Proximité puisque ce n'est que par Allah qu'elle advient...

    L'incapacité réelle pour l'aimant d'être avec Al Haqq, et pourtant Sa Proximité est une réalité : il me semble que c'est un peu comme d'avoir fait entrer Allah dans son coeur par Sa Grâce et Sa Miséricorde... et de se rendre compte que ce coeur est le Sien et que finalement, c'est nous qui sommes les invités dans nos coeurs qui Lui appartiennent.

    L'amoureux ne veut que Sa Proximité la plus parfaite et la plus proche possible : c'est s'oublier en Lui au point que Allah, par Son Amour qui est Lui Même - Al Wadud, nous accorde l'Immensité de devenir notre vue et notre ouïe "celui qui connaît Allah, sa langue est épuisée" dit un Soufi.


    Qu'Il nous accorde Sa meilleure Proximité en ce monde et d'être avec Lui dans la vie future.


    Ne T'éloigne pas de nous après nous avoir accordé Ta Proximité, Ya Wadud Ya Allah !


  8. #8
    Equipe des fuqara Avatar de Shakir
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    Par défaut Re : Poèmes de Rûmî..



    Un petit extrait du Mathnawî, franchement ce livre est tellement profond qu'on pourrait passer sa vie dessus qu'on n'épuiserait pas le millième des enseigenements qu'il renferme, j'essaierai d'en recopier des passages de temps à autres..

    layla sa'ida

    Histoire de l’émir et de son esclave
    qui aimait profondément la prière
    rituelle et éprouvait une grande joie
    dans cette prière et dans la
    communion avec Dieu.

    A l’aube, l’émir souhaita se rendre au hammam : il cria : « O Sunqur, lève-toi !

    « Prends chez Altun le bassin, la serviette et l’argile pour que nous allions au bain, ô toi qui m’est indispensable. »

    Sunqur aussitôt prit le bassin et une jolie serviette et partit avec lui, tous deux ensemble.

    Il y avait une mosquée sur la route, et l’appel à la prière arriva aux oreilles de Sunqur.

    Sunqur était très attaché à la prière rituelle ; il dit : O mon émir, ô mon bon maître,
    « Attends-moi patiemment quelque temps sur ce banc, pour que je puisse accomplir les prières obligatoires et que je puisse réciter (la sourate comprenant) lam yakoun. »

    Lorsque l’imâm et les assistants furent sortis et eurent terminé les prières et les litanies,

    Sunqur resta là jusqu’à près de midi ; l’émir l’attendit pendant un temps,

    Puis il dit : « O Sunqur, pourquoi ne sors-tu pas ? Il répondit : « Il (Dieu) ne me laisse pas sortir, ô homme accompli !

    « Prends patience ! Vois, je viens, ô lumière de mes yeux ! Je ne suis pas attentif car tu es dans mon ouïe. »

    Sept fois de suite, il fit preuve de patience, puis cria – jusqu’à ce qu’enfin l’émir fût réduit au désespoir par le retard de Sunqur.

    Sa réponse était toujours : « Il ne me laisse pas encore sortir, ô maître respecté ! »

    Le maître dit : « Eh ! quoi, il ne reste plus personne dans la mosquée. Qui te retient là ? Qui t’a fait demeurer là ? »

    Sunqur dit : « Celui qui t’as enchaîné en dehors (de la mosquée) m’a enchaîné à l’intérieur.

    « Celui qui ne te laisse pas entrer ne me laisse pas sortir.

    « Celui qui ne te laisse pas faire un pas dans cette direction a enchaîné le pied de cet esclave de sorte qu’il ne peut aller dans l’autre direction. »

    La mer ne laisse pas sortir les poissons, la mer ne laisse pas entrer les êtres terrestres.

    L’eau est la demeure originelle des poissons, et l’animal est de la terre : ici ne servent à rien les ruses et les astuces.

    Le verrou (de la Destinée) est fort, et Dieu seul peut l’ouvrir : attache-toi à la résignation et à l’acceptation de Sa volonté.

    Bien que les atomes, un à un, devrait devenir des clés, cependant cette ouverture n’est effectuée que par la Majesté divine.

    Quand tu oublieras ta propre perspicacité, tu obtiendras cette heureuse fortune de ton Guide spirituel.

    Quand tu t’oublies toi-même, Dieu Se souvient de toi : quand tu es devenu Son esclave, alors tu es libre.


  9. #9
    Tuqaddim Muntada-lfuqarâ' Avatar de daawa95
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    Par défaut Re : Poèmes de Rûmî..




    Assalâmu`alaykum

    Mâsha'Allâh, quel beau topic Bârakallâhufikum.
    Cher frère Shakir, merci infiniment pour ce beau partage et cette merveilleuse initiative. Qu'Allâh vous inonde de Sa Miséricorde.

    La reponse de Dieu
    Une nuit, un homme criait « Allah » jusqu’à ce que ses lèvres devinssent douces par Sa louange.
    Le démon lui dit : « O homme de beaucoup de paroles, où est la réponse « Me voici » -labayka- à tous ces « Allah » ? Aucune réponse ne vint du trône divin. Combien de temps répéteras-tu « Allah » d’un air sombre ? »
    Ces paroles brisèrent le cœur de l’homme. Il se coucha pour dormir et vit en rêve Khadir* dans la verdure qui lui dit : « Ecoute ; tu t’es arrêté de louer Dieu : pourquoi te repens-tu de L’appeler ? »
    Il répondit : « Nul « Me voici » ne me parvient en réponse. Je crains d’être repoussé loin de la porte. »
    Khadir répliqua : « Non, Dieu dit : « Ton Allah » est Mon « Me voici » ; et cette supplication, cette douleur, cette ferveur de toi est Mon messager vers toi. Ta crainte et ton amour sont le lasso qui saisit Ma grâce.
    Sous chaque « O Seigneur » de toi est maint « Me voici » de Moi. »



  10. #10
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    Par défaut Re : Poèmes de Rûmî..



    Incroyable Rumi...


    Explication du texte : « En vérité,
    les croyants sont frères, et les
    oulémas (théologiens) sont une seule
    âme » en particulier, l’unité de
    David, Salomon, et tous les autres
    prophètes (sur eux la paix) ; si vous
    ne croyez pas en l’un d’entre eux,
    la foi en n’importe quel
    prophète ne sera pas parfaite ; et
    c’est le signe de leur unité que si
    vous détruisez une seule d’entre ces
    milliers de maisons, tout le reste
    sera détruit il ne restera pas un
    seul mur debout ; car nous ne
    faisons aucune distinction entre
    eux (les prophètes). Une simple
    indication suffit pour celui qui est
    doué d’intelligence : cela va même
    au-delà d’une simple indication.



    Dieu dit à David : « Bien que ce ne doive pas être effectué par ton travail et ta force, cependant la mosquée sera érigé par ton fils.

    « Son action est ton action, ô homme sage : sache qu’entre les fidèles existe une union éternelle. »

    Les fidèles sont nombreux, mais la Foi est une : leurs corps sont nombreux, mais leur âme est unique.

    Outre la compréhension et l’âme qui se trouve chez le bœuf et l’âne, l’homme possède une autre intelligence et âme ;

    De plus chez le possesseur de ce souffle divin il y a une âme autre que l’âme et l’intelligence humaines.

    L’âme animale ne possède pas d’unicité : ne cherche pas l’unicité dans l’esprit vital.

    Si celui-ci mange du pain, celui-là n’est pas rassasié ; et si celui-ci porte un fardeau, celui-ci ne devient pas chargé ;

    Non celui-ci se réjouit de la mort de celui-là, et se meurt d’envie quand il voit la prospérité de celui-là.

    Les âmes des loups et des chiens sont séparées, chacune d’elles ; les âmes des Lions de Dieu sont unies.

    J’ai parlé de leurs âmes littéralement au pluriel, car cette âme unique est comme une centaine par rapport au corps,

    De même que la lumière unique du soleil est comme cent par rapport aux corps des maisons (sur lesquelles il brille).

    Mais quand on enlève le mur, toutes les lumières tombant sur elles ne sont qu’une ;

    Quand les maisons (corporelles) n’ont plus de structures, les fidèles restent une seule âme.

    Des différences et des difficultés sont soulevées par cette parole, parce que ce n’est pas une similitude totale : ce n’est qu’une comparaison.

    Les différences entre l’image corporelle d’un lion et celle d’un homme courageux sont infinies ;

    Mais lorsque tu te livres à cette comparaison, considère, ô toi qui a bonne vision, leur unicité quant au risque qu’ils prennent pour leur vie ; car après tout, l’homme courageux ressemble au lion, bien qu’il ne soit pas comme le lion à tous les points de vue.

    Cette demeure (du monde) ne contient aucune forme qui soit la même qu’une autre, pour que je puisse te montrer une similitude totale ;

    Néanmoins j’apporterais une comparaison imparfaite, afin de préserver ton esprit de la confusion.

    La nuit, une lampe est placée dans chaque maison, afin que par sa lumière les habitants puissent être préservés de l’obscurité.

    Cette lampe est comme Ce corps, sa lumière comme l’âme (animale) ; elle a besoin d’une mèche, de ceci, de cela ;

    Cette lampe qui possède six mèches*, à savoir les sens, est fondée entièrement sur le sommeil et la nourriture.

    Sans nourriture et sommeil, elle ne durerait pas un demi-instant ; et même avec la nourriture et le sommeil, elle ne vit pas non plus.

    Sans mèche et sans huile, elle ne dure pas, et avec une mèche et de l’huile, elle est aussi éphémère.

    Etant donné que sa lumière, étant rattachée aux causes secondes, recherche la mort : comment vivrait-elle alors que le jour lumineux est sa mort ?

    De même, tous les sens humains sont impermanents, parce qu’ils ne sont rien en présence du Jour de la Résurrection.

    La lumière de nos sens et l’esprit de nos pères n’est pas totalement périssable et inexistante, comme l’herbe ;

    Mais comme les étoile et les rayons de lune, ils s’évanouissent tous dans le rayonnement du Soleil.

    Ainsi, la brûlure et la souffrance causée par la piqûre de la puce disparaissent quand le serpent vient te mordre.

    Ainsi, quand un homme nu saute dans l’eau, pour pouvoir échapper aux piqûres des guêpes,

    Les guêpes tournoient au-dessus de lui, et quand il sort sa tête elles ne le ménagent pas.

    L’eau est la mémoration (dhikr) de Dieu, et la guêpe est le souvenir, durant ce temps, de telle ou telle femme ou de tel ou tel homme.

    Retiens ton souffle dans l’eau de la mémoration et montre de la patience, afin d’être délivré des pensées et tentations anciennes.

    Ensuite, tu assumeras toi-même la nature de cette eau pure, de la tête aux pieds.

    Comme la méchante guêpe s’envole loin de l’eau, aussi aura-t-elle peur de t’approcher.

    Ensuite, éloigne-toi de l’eau, si tu le désires ; car dans le tréfonds de ton âme, tu es de la même nature que l’eau ; ceux qui ont quitté ce monde ne sont pas non existants, mais ils sont plongés dans les Attributs divins.

    Tous leurs attributs sont absorbés dans les Attributs de Dieu, à l’instar de l’étoile qui disparaît sans laisser de trace en présence du soleil

    Si tu réclames une citation du Qor’ân, ô récalcitrant, récite, ils seront tous amenés en Notre présence. (Sourate Ya-Seen, 32)

    Celui qui est muhdarûn (appelé en la Présence) n’est pas non existant (ma’dûm). Réfléchis bien à cela, afin d’obtenir une connaissance certaine de la vie éternelle (baqâ) des esprits.

    L’esprit privé de la vie éternelle est extrêmement tourmenté ; l’esprit uni à Dieu dans la vie éternelle est libéré de tout obstacle.

    Je t’ai parlé du but de cette lampe de la perception sensorielle animale. Prends garde de ne pas t’unir à elle.

    Unis rapidement ton esprit, ô Untel, aux saints esprits des voyageurs (sur le Voie mystique)

    Ta centaine de lampes, donc, qu’elles s’éteignent ou qu’elles demeurent, son séparées et ne sont pas une.

    Pour cette raison, les prophètes sont tous en guerre, mais nul n’a jamais entendu parler de guerre entre les prophètes,

    Parce que la lumière des prophètes était le Soleil, tandis que la lumière de nos sens est la lampe, la chandelle, la fumée.

    L’une de ces lampes meurt, l’autre dure jusqu’à l’aurore ; l’une est terne, l’autre brillante.

    L’âme animale est maintenue en vie par la nourriture ; si bonne ou si mauvais que soit son état, elle meurt de toute façon.

    Si cette lampe meurt et s’éteint, comment la maison du voisin serait-elle dans l’obscurité ?

    Etant donné que sans cette lampe-ci la lumière dans cette maison là-bas existe toujours, il s’ensuit que la lampe de la perception sensorielle est différente dans chaque maison.

    C’est là une comparaison de l’âme animale, non de l’âme divine.

    Aussi, quand la lune naît de la nuit, une lumière tombe sur chaque fenêtre.

    Compte comme étant une seule la lumière de ces maisons, car la lumière de celle-ci ne demeure pas sans celle de l’autre.

    Tant que le soleil brille à l’horizon, sa lumière est l’hôte de chaque maison ;

    Et, quand le soleil spirituel se couche, la lumière disparaît de toutes les maisons.

    Ce n’est là qu’une comparaison de la Lumière, non une similitude parfaite ; pour toi, c’est un guide sûr, pour l’ennemi (de la Lumière) c’est un brigand.

    Cet homme pervers ressemble à l’araignée : il tisse ses toiles puantes.

    De sa propre toile, il a fait un voile recouvrant la Lumière ; il a rendu l’œil de son intuition aveugle.

    Si l’on saisit un cheval par le cou, on le domine ; et si l’on saisit sa jambe, on reçoit un coup de pied.

    Ne monte pas sans bride sur un cheval rétif : fais de la Raison et de la Religion ton guide, et pars.

    Ne considère pas avec et dédain et mépris cette quête, car dans cette Voie, il faut de la patience et des efforts contre le nafs.


    *Il est fait allusion à un sixième sens corporel, appelé hiss-i-mushtarak, qui totalise la perception des cinq autres


    Rumi.


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