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Aspects et caractéristiques des Saints PDF Imprimer Envoyer
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Cependant, Je ne désire pas cela pour vous et Je vous en éloigne. C'est ainsi que J'agis avec Mes saints. Il y a longtemps que J'ai affaibli en eux ce penchant. Je les protège contre ces délices et son confort, comme le berger compatissant protège son troupeau du pâturage dangereux. Je les écarte de ces divertissements, comme le berger compatissant éloigne ses chameaux des endroits contaminés par la gale. Je n'agis pas de la sorte parce qu'ils sont sans valeur auprès de Moi, mais plutôt, afin qu'ils prennent la part qui leur revient de Ma Générosité complète et comblée, sans que la vie d'ici-bas ne la diminue ni les passions ne l'entachent. Sache qu'en ce monde, Mes adorateurs ne sont pas embellis vis-à-vis de Moi d'une parure meilleure que le renoncement à ce bas-monde ( al-zuhd fî donyâ ), car c'est la parure des gens pieux. C'est un vêtement grâce auquel ils connaissent la totale quiétude et le recueillement. Ils ont une marque distinctive sur leurs visages, occasionnée par la prosternation. Ceux-là sont vraiment mes walis. Quand tu les rencontres, montre-toi humble avec eux et dompte ton coeur et ta langue devant eux. Sache que celui qui offense un wali ou l'intimide entre en belligérance avec Moi, etn prenant l'initiative, il me livre un duel. Ainsi, il M'oppose sa personne et m'appelle à elle. Quant à Moi, Je suis le plus prompt à secourir Mes saints. Celui qui me combat, pense t-il qu'il Me rend impuissant ? Ou celui qui se bat en duel contre Moi, croit-il qu'il Me devancera ou Me surpassera ? Comment pourrait-il le faire alors que c'est Moi leur vengeur en ce monde et dans la vie dernière ? Je leur procure la victoire par Moi-même et Je ne charge personne de cette tâche. »


`Atâ Ibn Yasâr, suivant une chaîne qui remonte à Ahmad, a dit : « Moïse – que la paix soit sur lui – a dit : « Ô Seigneur ! Quels sont Tes hommes ( les Tiens, ahluka ) ceux que Tu abrites sous l'ombre de Ton Trône ? » Il dit : « Ce sont ceux dont les mains sont innocentes et dont les coeurs sont purs, ceux qui s'aiment mutuellement en Ma Majesté, ceux qui, lorsque Je suis mentionné, Ma mention ramène leur mention. Et quand ils sont mentionnés leur mention ramène à Ma Mention. Ceux qui renforcent ( yusbighûna ) leurs ablutions pour le moindre makrûh, ceux qui se réfugient dans mon invocation, de la même manière que les aigles se réfugient dans leur tanière ( nid ) , ceux qui s'impliquent entièrement dans Mon amour, de la même manière que l'enfant s'assume entièrement dans l'amour des gens, qui manifestent leur colère quand Mes interdits sont rendus licites, de la même manière que le tigre s'exaspère quand il est attaqué ».


Ghawth Ibn Jâbir a dit : « Les apôtres ont dit : « Ô Jésus ! Quels sont les Awliyâ' de Dieu qui n'auront rien à craindre de Lui et ne seront point affligés ? » Jésus – que la paix soit sur lui – a dit : « Ceux qui contemplent la réalité intérieure du monde présent au moment où les gens observent son aspect extérieur , ceux qui envisagent l'avenir après la vie dans ce monde au moment où les gens ne dont que scruter l'immédiat ; ils sont tué de cette vie ce qui risque de les tuer ( ils ont coupé de ce monde ce qui risque de les couper de Dieu ). Ce sont ceux qui ont renoncé aux choses quand ils ont su que ces choses les abandonneraient un jour, ainsi au lui d'en amasser, ils s'en libèrent, sans regret. Ils savent que leur manifestation conduit au trépas et que la joie qu'ils y trouvent n'est qu' affliction. Ils refusent ce qui contrecarre ce qu'ils escomptent recevoir et rejettent ce qui, sans raison, s'oppose à sa sublimité. Le monde, devant eux, s'est vidé ( d'autres que Dieu) ils ne cherchent pas à le remplir. Leurs convoitises meurent dans leurs poitrines sans chercher à les faire renaître. Leurs maisons tombent en ruine sans vouloir les peupler; bien au contraire, ils les démolissent et, avec leurs matériaux, ils bâtissent leur vie dernière. Puis, ils les vendent pour acheter ce qui leur subsistera éternellement. Ils dédaignent ce monde et, à travers ce refus, ils se montrent enchantés. Ils regardent ses habitants abasourdis, marqués par les signes du châtiment. Aussi, vivifient-ils le souvenir de la mort et font rendre l'âme à la vie. Ils aiment Dieu Puissant et Grand, chérissent Son Rappel, recherchent Sa lumière et s'y illuminent. Ils s'attribuent la merveilleuse nouvelle mise à leur disposition. C'est par eux que le Livre se dresse et avec lui ils s'élèvent. C'est avec eux que le Livre s'exprime et par lui ils s'extériorisent. C'est le Livre qui les instruit et c'est par lui qu'ils enseignent. Ils ne perçoivent pas une sécurité sans l'espérer, ni une crainte sans les efforts qu'ils fournissent. »


Abû Bakr Ibn `Ayyâsh, selon Idris Ibn Wahb qui le tient de son père, a dit ceci : « Ibn `Abbâs a été informé que les gens se querellaient devant la porte des Banû Sahm à propos du qadar ( la destinée). Il remit son bâton crochu à `Ikrima et posa une de ses mains sur moi et l'autre sur Tâwous. Lorsqu'il rejoignit ces gens, ceux-ci firent place et l'accueillirent avec cordialité. Sans prendre la peine de s'asseoir, il dit : « Ne savez-vous pas qu'à Dieu appartiennent des adorateurs que la crainte réduit au silence sans qu'ils soient pour autant muets ou incapables de parler de manière intelligible? Ce sont pourtant des savants d'une grande éloquence, loquaces et nobles qui connaissent les Jours de Dieu mais, quand ils se remémorent la Grandeur de Dieu, ils perdent la tête, leurs coeurs se brisent et leurs langues cessent de parler. Lorsqu'ils reprennent connaissance de leur état, ils courent de vitesse vers Dieu le Puissant, le Grand en s'acquittant d'oeuvres empreintes de pureté »


Dans une autre version, il est dit : « Ils se comptent au nombre de gens infiniment petits et négligents alors qu'ils sont à la fois d' une fine intelligence et vigoureux. Ils se comptent au nombre de gens fautifs et injustes bien que l'honnêteté et l'innocence les caractérisent. Pour certains même, beaucoup d'oeuvres de piété n'est jamais assez, et ils ne sont pas satisfaits de peu. Seule la publication de leurs oeuvres les définit. Quand tu les rencontres, tu les vois préoccupés par leurs devoirs, compatissants, timides et craintifs. » A la suite de quoi, Ibn `Abbâs les quitta et retourna vers l'endroit où il se trouvait précédement.


Le Cheikh Abû Muhammad `Abd Allah, selon une chaîne remontant à `Alî Ibn Abî Tâlib, a dit : « Instruisez-vous et ainsi vous acquerrez des connaissances. Mettez en pratique ce que vous apprenez et vous compterez alors au nombre des hommes de science. Après vous, il arrivera un temps où les neuf dixièmes de la vérité seront méconnus. Ne sera sauvé que celui qui désavoue le mal, racine de tous les syndromes, ainsi que ses auteurs. Ceux-là sont les imams ( guides) de la guidance et les luminaires de la science. Ils ne sont point de ceux qui, en entendant une chose de quelqu'un ou la voyant en, sont prompts à la colporter. »
Puis il dit : « Le monde présent déménage en tournant le dos, tandis que la vie dernière approche. Chacun des deux possède sa progéniture. Soyez donc parmi la descendance de la vie dernière et ne soyez pas de celle du monde actuel. Certes, les ascètes en ce monde ont fait de son sol un tapis, de sa terre une literie et de son eau un délice. Que celui qui aspire ardemment au Paradis se console des désirs de ce bas-monde. Et que celui qui craint d'être terrassé par l'Enfer se détourne des interdits. C'est que les malheurs s'allègent pour celui qui fait preuve d'abstinence en ce monde. A Dieu appartiennent des adorateurs comme celui qui aperçoit les hôtes du Paradis y vivre éternellement et ceux de l'Enfer y être châtiés. Ils sont à l'abri de leurs méchancetés, leurs coeurs affligés, leurs âmes vertueuses et le poids de leurs oeuvres allégé. Ils ont fait preuve de patience un court moment, suivit d'un long repos. La nuit, leurs larmes coulent sur leurs joues, invoquant leur Seigneur : « Notre Seigneur ! Notre Seigneur ! » Ils demandent à être débarrassés de leurs jougs. Quant au jour, ce sont de sages savants ressemblant à des bourgeons de fleurs. Celui qui les regarde se dit : « Ce sont des malades! Quelle est la maladie qui a atteint ces gens? Ils sont confondus ». C'est que les gens se sont confondus dans une affaire énorme. »


Abû Arâka, suivant une chaîne de transmission remontant à Abû Tâlib al-Mubâtik Ibn `Alî, a dit : « J'ai effectué la prière du fajr ( l'aube ) en compagnie de `Alî Ibn Tâlib – que Dieu l'agrée -. Après les salutations finales, il se tourna vers la droite et se figea comme s'il était gagné par la mélancolie. Il demeura ainsi jusqu'au moment où le soleil n'était plus qu'à une distance de la longueur d'une lance du mur de la mosquée. Puis, il tourna sa main et dit : « Par Dieu ! J'ai vu les Compagnons de Muhamad - que Dieu lui accorde la grâce et la paix - et n'ai pas vu aujourd'hui quelque chose de plus ressemblant à eux. Ils se levaient le matin, les cheveux ébouriffés, le visage pâle et les yeux embrouillés. Ils ressemblaient à un troupeau de chèvres. Ceci parce qu'ils avaient passé la nuit en Dieu , se prosternant et se relevant. Ils lisaient le Livre de Dieu le Puissant, le Grand. Tantôt, ils posaient leurs fronts à même le sol, et tantôt, ils se tenaient sur leurs pieds. En se réveillant, ils mentionnaient Dieu Puissant et Grand. Ils oscillaient comme l'arbre ondule au moment des semences. Des larmes coulaient de leurs yeux abondamment au point de tremper leurs vêtements. Par Dieu ! C'est comme si ces gens s'étaient levés le matin après avoir passé la nuit complètement étourdis. Je n'ai pas vu quelqu'un d'aussi souriant rire avant d'être battu par Ibn Maljam, le pervers ennemis de Dieu. »


Ahmad Ibn Abî al-Hawâri, suivant une chaîne qui remonte à `Alî Abû Tâlib, a dit : J'ai rendu un jour visite à Abû Sulaymân ad-Dârânî. Je l'ai trouvé en larmes. Je lui ai demandé : « Pourquoi pleures-tu ? » Il me répondit : « Ô Ahmad ! Quand la nuit couvre de son obscurité les gens attachés par l'amitié, ils s'étendent sur leurs lits, les larmes coulant sur leurs joues. Le Majestueux se manifeste et appelle : « Ô Gabriel ! J'ai connaissance de ceux qui, avec Ma Parole, me qualifient avec délectation et conversent intimement avec Moi en toute confiance. J'entends leurs désir ardent et Je vois leurs pleurs. Interpelle-les et dis-leur : Pourquoi ces signe d'impatience que Je vois sur vous ? Un informateur vous a t-il annoncé qu'un ami maltraite ses amis ou bien Me montre t-il Bienveillant et Constant avec eux ? Devant les épreuves, Je les trouve tout disposés pour Moi. Et quand l'obscurité de la nuit les couvre; ils se trouvent encore en Ma présence. Par Moi, j'ai juré que, pour eux, J'établirai Ma guidance. Certes, quand ils viendront le Jour de la résurrection, Je découvrirai Mon visage Généreux pour eux. Je les regarderai et ils Me regarderont. »


Al-Hasan, suivant une chaîne qui remonte à Abû Fath Muhammad Ibn `Abd al-Bâqî, a dit : « Le croyant est garant de lui-même et , pour Dieu, il demande des comptes à son âme. Le Jour de la résurrection, la reddition des comptes sera pénible pour ceux qui, dans cette affaire, n'auront pas pris en considération leur examen de conscience. Quand une chose se manifestera à l'improviste au croyant et que cette chose lui plaira, il dira : « Par Dieu ! Je te désire car tu fais partie de mes besoins; Cependant, par Dieu, aucun lien ne me rattache à toi ». Aussi, s'en désintéresse-t-il quelque peu et dit : « Je n'ai pas voulu cela pour moi. C'est pourquoi, par Dieu, je ne m'y laisserai pas tromper. Par Dieu, je n'y succomberai jamais, si Dieu le veut ». C'est que les croyants appartiennent à cette catégorie de gens dont le Coran freine les élans et s'interpose entre eux et leur perdition. Le croyant est captif en ce monde. Il s'efforce de se libérer de son joug. Il ne croit en une chose que lorsque, rencontrant Dieu, il sait que tout ce qu'il entend , voit, prononce et réalise de ses membres, lui sera incombé. »


Al-Hasan avait pour habitude de dire : « En ce monde, le croyant est comme un étranger. Les humiliations , qui en résultent, ne le désolent pas. Il ne discute pas les honneurs que ce monde procure à ses habitants. C'est que les gens vivent dans un certain état. Quant à lui, il en connaît un autre. Il ne se préoccupe que de lui-même. Les gens sont à l'aise avec lui. Et son âme demeure tenace à l'égard de lui-même. Par Dieu ! J'ai vu des gens qui, en ce que Dieu leur a rendu licite, étaient plus ascétique que vous à propos de ce que Dieu vous a interdit. En leurs coeurs, ils étaient plus clairvoyants en matière de religion que votre discernement. La crainte que leurs bonnes oeuvres se retournent contre eux était plus grande que celle du châtiment que vos mauvais actes entraînaient pour vous. Lorsque la nuit les couvrait de son obscurité, ( ils s'adonnaient à la prière et, à cet effet ) ils se dressaient sur les extrémités de leurs pieds, puis s'allongeaient, leurs faces à même le sol. Leurs larmes coulant sur leurs joues, ils s'adressaient intimement à leur Seigneur afin qu'IL les libère de leur joug. »


Il a dit : « Je jure par Celui dont mon âme est entre les mains qu'un serviteur ne prétendra croire en l'Heure que s'il fond en larmes ou s'éreinte ou se fane ou s'afflige ou encore se sente à l'étroit sur la terre en dépit de son étendue. »


Il a dit : « Que Dieu ait en Sa miséricorde le serviteur qui se suffit d'une seule manière de vivre et , de ce fait, mange une tranche de pain, se vêt d'une vêtement râpé, adhère son corps à la terre , déploie des efforts dans l'adoration de Dieu, pleure le péché, fuit le châtiment et désire la Miséricorde de Dieu, en restant ainsi, jusqu'à la mort. »


Al-Hasan, suivant une chaîne de garants remontant à Abû Muhammad `Abd Allah, a dit : « Les lecteurs du Coran sont de trois sortes : il y a l'homme qui considère que le Livre est une marchandise qu'il transporte d'une province à une autre et, par ce biais, quémande ce que les gens possèdent. Il y a des gens qui ont lu le Coran et en ont appris par coeur les lettres mais ils en ont perdu les limites. Ils en font un commerce auprès des gouvernants, mais font preuves d'arrogance vis-à-vis des habitants de leur pays. Les gens de cette espèce sont nombreux parmi les porteurs du Coran. » Al-Hasan poursuit : « Que Dieu n'en augmente pas le nombre! Il y a enfin l'homme qui lit le Coran. Il commence par s'instruire du remède procuré par le Coran et le prescrit au mal dont souffre son coeur. Il est de ceux qui s'enveloppent de tristesse, se vêtent de crainte, séjournent longtemps dans leurs niches de prière et se ploient dans leurs manteaux ( burnous ). C'est par eux que Dieu déverse une pluie abondante, fait descendre le triomphe et repousse la calamité. Par Dieu ! Cette catégorie de porteurs du Coran est plus rare que la pierre philosophale ».


Extrait du livre : Kitâbu-rriqqah wa-l bukâ' ( L'adoucisseur des Coeurs ) de Ibn Qudâma al-Maqdisi – Edition IQRA

Tags: soufisme  saint  islam  tariqa  
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