Question:
Quel est l’avis religieux concernant la prière accomplie dans une mosquée où il y a un mausolée ? Quelle est la signification de ce Hadith : « Allah a maudit les juifs et les chrétiens car ils ont pris les mausolée de leurs prophètes pour lieux de Cultes »? si, durant l’élargissement de l'étendu d’une mosquée, on a découvert qu’il y a une tombe dans ce terrain consacré à cette mosquée à titre d’un legs pieux, faut-il déterrer la tombe et déplacer les ossements humains à un autre endroit ? Ou bien, faut-il construire un mur séparant la tombe de la mosquée ? Ou bien encore, faut-il couvrir de la poussière la tombe et l'aplanir au niveau du sol servant de base de la construction?
RéponseL’accomplissement de la prière dans des mosquées où il y a des mausolées est autorisé tant que sont remplies ses conditions de la validité et ses composant fondamentaux car la prière est vouée en effet à Allah - Exalté soit-Il. On ne peut jamais dire que la prière accomplie dans des mosquées où il y a des mausolées est nulle ou interdite, sinon on doit dire que la prière accomplie dans la mosquée du Prophète est nulle, voire interdite car à l'intérieur de cette mosquée se trouvent la tombe du Prophète, d’Abou-Bakr, d’Omar et même celle d’Al-Cheikh Abi Choga’ Al-Asfahani, l’auteur d’Al-Matn dans la jurisprudence chaféite. Ce dernier fut enterré aux alentours de la tombe du Prophète au sixième siècle de l’hégire.
Au décès d’Abou-Bossayr, Abou-Jandal a construit une mosquée sur sa tombe dans un endroit appelé Jodat Al Baḥr, et ce, en présence de trois cent compagnons. Cité par Moussa Ibn ‘Oqba, dans son ouvrage Al-Maghazi, d'après Al-Zohari, d'après 'Orwa Ibn-Al-Zobayr, d'après Al-Méswar et Marawan Ibn Al-Hakam (Qu'Allah les agrée). La chaîne de transmission de cette version est valide. Les rapporteurs de cette chaîne sont tous des Imams fiables. Par ailleurs, le Prophète a agréé cet acte et n’a pas ordonné de déterrer la tombe et de déplacer les ossements de la mosquée. Tous les musulmans sont unanimement d’accord sur cet acte. L’érudit Ibn Hajar Al-Haythami dit : « il s’agit d’un consensus pratique qui sert de preuve évidente selon ce qui est établi dans les fondement de Fiqh ».
Quant au Hadith de ‘Aicha, cité dans les deux Sahih, selon lequel le Prophète dit : « maudits soient les juifs et les chrétiens car ils ont pris pour des mosquées les tombes de leurs Prophètes », nous trouvons que le mot (Massaged), en arabe, est le pluriel de (Masged). C’est un infinitif nominal désignant à la fois le temps, le lieu et l’action. Prendre des mosquées les tombes des Prophètes dans ce Hadith signifie se prosterner devant les tombes pour les glorifier et les adorer tout comme les polythéistes qui se prosternaient devant les idoles.
Dans Al-Tabaqat Al-Kobra, Ibn-sa'd a cité une autre version élevée par ces mots: Abou-Horayra a rapporté que le Prophète (pbsAl) disait: "Ô Allah, fais que ma tombe ne soit pas idolâtrée! Allah maudit les gens qui prennent les tombes de leurs prophètes pour des lieux de prière". En effet, la phrase "Allah maudit les gens" est une proposition d'apposition, pour souligner le fait d'idolâtrer les tombes. Donc, le Hadith veut dire: " Ô Allah ne rend pas ma tombe une idole à adorer, comme c’était le cas des gens qui ont transformé les tombes de leurs prophètes en lieux d'adoration".
L'imam Al-Baydawy dit: "Vu que les juifs et les chrétiens se prosternaient devant les tombes de leurs prophètes en guise de glorification, les prenaient pour un Qibla vers lequel ils se dirigeaient dans leurs prières en leur vouant un culte idolâtre. Allah les a maudit et interdit aux musulmans de les imiter. Pourtant, il n'y a aucun inconvénient de construire une mosquée à côté du mausolée d'un homme pieux, dans l'intention de s’inspirer de son âme et de profiter de la bénédiction sans aucune intention de le glorifier ou de s’orienter vers lui pour l’adorer.
Il a été rapporté que le Prophète (pbsAl) a dit: "Dans la mosquée d'Al-Khayf, il y a les tombes de soixante dix Prophètes".[1]
Historiquement parlant, il a été rapporté que le Prophète Ismail (PAsl) et sa mère Hajar (QAa) furent enterrés dans l'endroit d'Al-Hijr dans la Sainte Mosquée. Ceci est confirmé par les historiens fiables et les biographes.
De ce qui précède, il n’est pas permis de déplacer les ossements du défunt de la tombe qui se trouve dans la mosquée car l'endroit où se trouve le mausolée fait partie du legs pieux fait par le défunt.
Dans la jurisprudence, il est établit que « la condition du légataire revêt le caractère du texte du législateur ». L’Islam avait interdit la violation du caractère sacré des morts. Il ne faut pas donc déterrer les tombes. Vu que les morts conservent leur caractère sacré comme s'ils étaient vivants, il faut, donc, laisser la tombe dans l'état ou il est ou bien remettre la poussière dessus jusqu’au niveau de la plate forme de la mosquée puisque les savants autorisent l’accomplissement de la prière sur la tombe à condition de la pureté de l’endroit. Toutefois, il est préférable de construire un mur séparant la mosquée de la tombe. Ensuite, on peut élargir l'étendu de la mosquée sans aucun inconvénient et sans faire cas de l’avis qui interdit l’accomplissement de la prière dans une mosquée où il y a un mausolée. En effet, cet avis est une innovation réprimandée n’ayant pour fondement aucune preuve évidente.
Allah Seul le sait par excellence.
conseil du Fatawa Egypte
[1]Rapporté par Al-Bazzar et Al-Tabarani dans Al-Mo'jam Al-Kabir. L’érudit Ibn Hajar, dans son ouvrage: "Mokhtassar Zawaéd Al-Bazzar" dit : il s’agit d’un Hadith authentique.
Dernière modification par fouqara ; 02/01/2008 à 19h11.
ça par contre c'est un article net et sans bavure
ce n'est pas seulement le fait que tu ai cité les sources
mais ça correspond également avec ce que je sais
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