Assalam aleykum,
Merci de nous faire partager cela, lalla !
:)
Je propose de vous transmettre certains dires de Dhû-l-Nûn al Misri (12e siècle), homme à la piété scrupuleuse, grand savant aussi bien en matière de religion qu’en matière de spiritualité. J’ouvrirai donc, ench’Allah, plusieurs posts s’y rapportant.
Son enseignement spirituel complet, véritable perle précieuse, a été rapporté par Ibn Arabî dans un Traité hagiographique al-Kawkab al-durrî fî manâqib dhî-l-Nûn al –Misrî [l’astre éclatant des titres de gloire de Dhû-l-Nûn l’Egyptien ].
Roger Deladrière, -qu’Allahle bénisse- a fait un grand cadeau aux non arabophones en le traduisant de l’arabe, en le présentant et en l’annotant, dans un ouvrage intitulé : La vie merveilleuse de Dhû-l-Nûn l’Egyptien, publié aux Editions sindbad.
Sa franchise
Isrâfîl a raconté ceci : « Quelqu’un avait posé une question à Dhû-l-Nûn l’Egyptien, et il lui répondit : « Mon cœur reste fermé pour toi ; s’il s’ouvre, je te répondrai, sinon excuse-moi et accuse ton âme »
La lutte spirituelle (mujâhada) et ce qui se rapporte à cette notion
Yûsuf ibn al-Husayn a rapporté ceci :
« J’ai entendu Dhû-l-Nûn l’Egyptien dire :
« Dieu n’honore pas un serviteur par une plus grande gloire que de lui montrer la bassesse de son âme, et Dieu n’humilie pas un serviteur par un plus grand abaissement que de lui cacher celle-ci » (p. 117)
Extrait de ses oraisons (p.95)
Mon Dieu !
Fais que notre âme soit de celles qui ont abandonné leur libre volonté en raison de la crainte respectueuse que Tu leur inspires ! Fais-nous vivre dans l’obéissance envers Toi le temps que Tu nous accordes, et quand nous mourrons, fais que ce soit pour nous dans Ta religion, satisfaits et agréés (expression coranique : LXXXIX, 28) guidant et guidés sur la bonne voie, n’étant ni de ceux sur qui est Ta colère ni de ceux qui sont égarés (I, 7)
***
Mon Dieu !
Qui donc, après avoir goûté la douce saveur de s’entretenir avec Toi, se laisserait distraire de son obéissance envers Toi et de la recherche de Ta satisfaction !
Ou qui donc, après que Tu lui aies garanti une aide victorieuse ici-bas et dans l’autre vie, demanderait assistance à quelqu’un d’autre aussi impuissant et démuni que lui !
Ou qui donc, après que Tu aies pris soin de la subsistance dont il a besoin, qu’il soit malade ou en bonne santé, la demanderait à un autre que Toi, faisant preuve ainsi de désobéissance envers Toi et d’obéissance envers lui !
Ou qui donc, après que Tu lui aies fait comprendre les conséquences de ses péchés, ne saurait y mettre fin en se nourrissant de la crainte qu’il devrait avoir de Toi !
Ou qui donc, après que Tu lui aies fait connaître ce qui est auprès de Toi, et qui se serait alors voué à Toi dignement, se détournerait ensuite de Toi en trahissant sa promesse par désir de se reposer !
Ou qui donc, sachant ce qu’est ce bas monde et ce qu’est l’autre vie, serait assez fou et assez stupide pour préférer ce qui est périssable à ce qui est durable !
Ou qui donc, après avoir bu le pur breuvage de la coupe de Ton amour, ne se réjouirait point des malheurs par lesquels Tu l’éprouverais !
Ou qui donc, sachant que ce qu Tu as choisi dans Ta toute-puissance pour Tes créatures est bien, ne l’agréerait point !
Ou qui donc, sachant que Ta science connaît ce qui est caché en Lui et ce qu’Il manifeste extérieurement et que Tu as tout pouvoir sur ce qui lui est utile ou nuisible, ne se sentirait pas dispensé d’être connu d’un autre que Toi, et ne se passerait pas, grâce à Toi, du pouvoir d’une autre créature, aussi impuissante que lui !
***
Mon Dieu !
C’est à Toi que j’adresse mes suppliques, c’est à Toi que je demande ce dont j’ai besoin, et c’est de Toi que j’espère l’heureuse issue de mes requêtes, Toi qui détiens les clefs de mes vœux !
Ce n’est qu’à Toi que je demande ce qui est bien, ce n’est d’aucun autre que Toi que je l’attends, et connaissant Ta bienveillance, je ne saurais désespérer de Ton assistance.
O Toi dont la sagesse contient toute chose, ô Toi dont la science pénètre toute chose, ô Toi qui a pour nom le Généreux ! Je n’ai personne d’autre que Toi à qui demander, je n’ai confiance qu’en Toi pour placer mes espoirs, et ce n’est pas dans une autre volonté que la Tienne que je trouverais ma protection contre ce qui n’est pas Toi et à laquelle je m’abandonnerais. A qui donc demanderais-je, si je T’ignorais, et en qui aurais-je confiance, après T’avoir connu !
Mon Dieu !
C’est en Toi que j’ai confiance, même si les négligences me distraient de toi et si mes errements dus à l’illusion m’éloignent de Toi. O Toi qui redresses les faux-pas ! si par Ta protection Tu ne me relèves pas de mes chutes, je n’aurai pas assez de fermeté pour changer mon âme ni assez de volonté pour modifier mon comportement.
Je ne fais moi-même partie que de Tes bienfaits et des choses que Tu as décrétées. C’est au milieu de Tes bienfaits que je déroule mon existence et à l’intérieur de Tes décrets que j’évolue. Je ne saurais donc rien ajouter à ce que Ta science a prévu ni rien retrancher de ce que Tes ordres ont décidé.
Je Te demande, ô Toi qui es la fin de toutes les requêtes, et je T’implore, ô Toi qui es le siège de toutes les choses nécessaires ! Comme quelqu’un qui renie toute espérance en dehors de Toi et qui rejette toute confiance en un autre que Toi. Je Te demande et je T’implore de m’accorder une foi qui me permette de m’avancer vers Toi et d’espérer la meilleure des introductions auprès de Toi, et de m’accorder une certitude que ne viendrait affaiblir nul soupçon de mensonge et que ne viendrait dégrader nulle pensée de doute (Foi et certitude) qui soulageraient mon âme, qui me rendraient les choses faciles, qui feraient que mon cœur prenne refuge dans Ton amour et que mon entendement et mon esprit soient dirigés vers Toi. Et ainsi rien ne me détournerait de Te rendre grâce, et ma seule joie serait de T’invoquer, Toi qui procures à la langue de ceux qui T’invoquent dans la crainte une saveur dont ils ne se lassent pas, Toi pour qui ne cessent de verser des larmes ceux qui Te supplient humblement !
Tu es le but ultime de mes pensées secrètement cachées au fond de mon cœur, et tu es l’objet de mes espérances quand la nuit m’enveloppe de ses ténèbres.
Qui donc, après avoir goûté la douceur de s’entretenir avec Toi se laisserait détourner de T’obéir et de chercher Ta satisfaction, par complaisance envers les hommes !
Seigneur ! J’ai épuisé ma vie dans l’ardeur qui me faisait T’oublier et j’ai consumé ma jeunesse dans l’étourdissement qui me faisait m’éloigner de Toi, sans pourtant que se fassent attendre pour moi Ta protection et tes mises en garde à l’époque où j’étais dans l’illusion et où je persévérais dans la voie qui mène à Ton courroux. Insensé que j’étais, seigneur ! quand l’insouciance aveugle me rapprochait de Ta colère ! Je suis Ton serviteur, et je me tiens devant Toi, recommandant mes supplications à Ta générosité, car il n’y a que Toi qui puisses mettre fin à la situation dans laquelle je me suis placé comme il n’y a que Toi qui pourrais suspendre la sauvegarde des bienfaits dont je suis l’objet. C’est à Toi que je présente ma défense pour que Tu m’acquittes de ce dont je me suis rendu coupable envers toi en ayant si peu honte devant Tes regards. J'implore Ton pardon, Seigneur ! car pardonner est l’attribut de Ta générosité, ô Toi à qui l’on désobéit, vers qui ensuite l’on se tourne, et qui agrées le repentir comme si l’on ne T’avait pas désobéi, avec une générosité qui surpasse tout qualificatif et une pitié qui dépasse toute épithète !
O Toi qui es proche ! Ne T’éloigne pas de ceux qui sont coupables ! o toi qui es aimant ! ne Te hâte point contre ceux qui sont pécheurs ! Pardonne-moi et aie pitié de moi, ô toi qui es le plus miséricordieux des miséricordieux ! (expression coranique qui revient à maintes reprises)
***
Les cieux ont brillé sous l’effet de Sa Lumière, et les ténèbres se sont éclairées sous l’effet de Sa Face. Bien qu’Il en cache la majesté aux yeux de chair, Il en a accordé la connaissance aux intelligences et Il l’a communiquée à la vision des cœurs, et tout en siégent sur Son Trône, Il s’entretient avec les âmes qui s’adressent à Lui selon leur langage
Mon Dieu ! chaque arbre proclame Ta gloire, chaque motte d’argile proclame Ta sainteté, par des voix mystérieuses et par des chants mélodieux et purs.
Mon Dieu ! pour être en Ta présence j’ai hâté mes pas, vers Toi j’ai levé mes regards, en vue de tes grâces j’ai tendu mes mains, et vers Toi ma voix a crié. Tu es celui que ne lasse aucun appel et Tu ne déçois aucun de ceux qui Te prient
Mon Dieu ! accorde à mon regard d’être sincère pour qu’il puisse s’élever vers Toi ! Car celui qui se fait connaître à Toi (tel qu’il est) ne reste pas ignoré, celui qui cherche refuge en Toi n’est pas abandonné, celui qui se réjouit en Toi est dans l’allégresse, et celui qui Te demande protection est assuré de la victoire.
Dernière modification par Mima ; 14/02/2009 à 16h13.
Assalam aleykum,
Merci de nous faire partager cela, lalla !
"L'absorption du coeur par l'évocation de son Saint Nom est la clé et le premier pas sur le chemin." (Al Ghazali)Yā 'Ayyuhā An-Nāsu 'Antumu Al-Fuqarā'u 'Ilá Allāhi Wa Allāhu Huwa Al-Ghanīyu Al-Ĥamīdu (35/15)
Amin , amin et merci Lalla Mima pour nous présenter les textes de Dhul Nun al Misri!
C'est merveilleux comment ce texte me rafraichit et me donne vie après que je me suis trop fatiguée sur certaines choses :) ...
ShoukrouliLlâh, waà vous chère Lalla bien-aimée!
"Dans Ta bonté
nous cherchons refuge,
ô Latîf,
et par elle nous pénétrons au coeur
de Ta grâce,
et Ta douce bienveillance
nous enveloppe." 'Abd al Qâdir al Jîlânî
http://www.sunnisme.com
http://www.doctrine-malikite.fr
http://www.islam-sunnite.com
http://abal.qasim.over-blog.com
Il y a actuellement 1 utilisateur(s) naviguant sur cette discussion. (0 utilisateur(s) et 1 invité(s))