une biographie du grand maitre soufi marocain :
Sidi Mohammed El Harraq
Sheikh de la Tariqa Darqawiya- harraqia
C’est Sidi Abou Abdallah Mohammed ben Mohammed ben AbdelWahed Al A’lami (lié à la région du mont Al A ‘lam dans la ville de Chefchaoun au nord du Maroc , cette branche de famille descend du grand saint Moulay Abdessalam Ibn Machich)el Moussaoui (car il descend du frère de Moulay Abdessalam Ibn Machich Sidi Moussa Ibn Machich)(5) el Harraq, le célèbre juriste, savant et poète, ses ancêtres se sont déplacés des tribus des Beni A’rouss pour s’installer à Chefchaoun où il est né en 1772 de l’ère chrétienne (1186 de l’hégire). Son arbre de sainteté se présente (selon le manuscrit arabe « Manaqib Acharif Abi AbdoAllah Ibn Mohammed AlHarraq ») comme suit : « Il pris le secret(Assir) de Moulay Larbi Adderkaoui qui lui même le pris de Sidi Ali Aljamal qui le pris de Sidi Larbi Ben AbdAllah qui le pris de Sidi Ahmed Ben AbdAllah qui le pris de Sidi Qasem Lakhsasi qui le pris de Sidi Mohammed Ben AbdAllah qui le pris de Sidi Abderhaman Alfasi qui le pris de Sidi Youssef ElFasi qui le pris du célèbre grand maître Sidi Abderrahman Almajthoub qui le pris de Sidi Ali Assanhaji qui le pris de Sidi Ibrahim Alfahm qui le pris du grand et célèbre sidi Ahmed Zarrouq qui le pris de Sidi Ahmed Ben O’qba qui le pris de sidi Mohamed AlQadiri qui le pris de sidi Ali Ben Wafa qui le pris de Sidi Mohammed Bahr Assafa qui le pris de sidi Daoud AlBakhili qui le pris du grand maître sidi Ahmed Ibn A’taa Allah qui le pris du grand sidi Abi Ala’bas Almoursi qui le pris du grand pôle et Secours sidi Abi Alhasan Achathili qui le pris du grand Imam et pôle Moulay Abdessalam Ibn Machich qui le pris du pôle sidi Abderrahman Almadini qui le pris du pôle sidi Taqiy Addin AlFaqir qui le pris de sidi Fakhr Addin qui le pris du pôle Nur Eddin Abi Alhasan qui le pris de sidi Taj Addin qui le pris de sidi Chams Addin qui le pris de sidi Zayn Addin Alqaraoui qui le pris de sidi Ibrahim Albasri qui le pris du pôle sidi Ahmed Almarwani qui le pris du pôle Said qui le pris du pôle Saad qui le pris du pôle Fath Assao’ud qui le pris du pôle Said AlKirwaz qui le pris d’Abi Mohammed Ben Jabir qui le pris du premier pôle Mawlna Alhassan Fils d’Ali et Fatima qui le pris de son père Mawlana Ali le quatriéme Kalif du prophète et qui était le premier héritier de la science ésotérique du prophète qui en a parlé et transmis à ses proches : le prophète de l’Islam lui même en a témoigné : « Je suis la cité de la science(ésotérique) et Ali est sa porte » ». Il acquit les bases des sciences religieuses dans sa ville natale puis voyagea à Fes où il eut plusieurs maîtres dans les différents sciences de la religion ainsi qu’en musique et mathématique et mena une vie prospère de grand noble de l’epoque(6). Quand la grande mosquée de Tétouan (Al Jamia’ Al AA’tham) fut édifiée les tétouannés demandent au Sultan Moulay Sliman de leur envoyer un des grands savants de Fès, c’est ainsi qu’il leur envoya l’éminent juriste Sidi Mommed El Harraq. Celui ci s’installe enfin à Tétouan où il devint juriste Imam, Moufti et pratique l’enseignement. Il écrit entre autre un fameux traité de Jurisprudence exceptionnels(Fiqh Annawsil) sous forme de questions et réponses(concernant l’école Maliquite), rassemblé par son grand et célèbre élève Al Mahdi Ben Alqadi. Il était très brillant et ses prêches témoignaient d’un savoir profond et d’une ferveur originale, ses discours étaient d’une franchise et d’un courage surprenant. Les Imams de Tétouan voyaient en lui un concurrent qui risquait de leurs faire perdre leur poids chez le monarque et les gens, alors fous de jalousies il font remonter tout le quartier d’Al Ou’youn près de la mosquée où il prêchait contre lui:voici les détails de ce complot qui lui a causé une exclusion définitive de toutes ses fonctions )
« avant la prière du vendredi et pendant que Al-harrâq se prêtait à donner sa prêche dans ses plus beaux habits parfumés derrière la porte de son « Minbar » qu’il laissa entrouverte, ses ennemies ont ordonné à une assez belle et séduisante prostituée qu’ils avaient payé à l’avance d’entrer le voir en faisant semblant de lui poser des questions concernant la jurisprudence ; c’est alors qu’entre temps ils rassemblèrent leurs alliés et les gens du quartier qui venaient faire la prière pour témoigner contre Al-harrâq en l’accusant de commettre l’adultère, il y a eu ainsi cent quarante quatre témoins voyant la femme sortir du « Minbar » et derrière elle l’Imam Al-harrâq. La nouvelle se répandit comme la peste dans tout le quartier jusqu’à arriver aux oreilles du maire de la ville qui fit remonter la nouvelle au sultan Moulay Slimane. Celui ci , savait très bien que l’Imam pieux Al-harrâq était victime d’un complot et d’une ruse assez mal réfléchie puisqu’en toute évidence un homme ne choisirai pas une mosquée pour commettre son adultère….Mais le sultan se plia finalement malgré lui aux suggestions des différents juristes de Tétouan (ennemis d’ Al-harrâq) et licencia Al-harrâq de ses fonctions.»
Ainsi, Al-harrâq succombe et tombe gravement malade jusqu'à ce qu’il faillit mourir, il écrit alors sa fameuse Qasida(poème de louange du prophète) appelée Al Homziya implorant le prophète de le guérir et s’isole pour invoquer Dieu et jouir de sa présence et après sa guérison il s’adonne au soufisme , c’est ainsi qu’il entendit parler du grand maître Moulay Larbi Derkaoui et le rencontre en ( 1228 de l’hégire , 1814 de l’ère chrétienne ) alors qu’il avait quarante ans, dans la tribu des Beni Zerwal ou Ghmara selon les sources.
Cette rencontre était à la fois historique et décisive puisqu’elle va changer catégoriquement sa vie…ainsi Moulay Attouhami Al Wazzani dans son manuscrit appelé « Al Zawiya » raconte : « Sidi Mohammed Al-harrâq resta à Tétouan profitant de sa position de notable et d’éminent savant œuvrant pour la bonne cause, loin de l’hypocrisie, ce qui lui a valu un grand complot de ses ennemies jaloux de son succès et sa réputation. Il fut exclut officiellement des fonctions de juriste, enseignant, Imam et Moufti…..cette catastrophe avait cachait derrière elle pour Al-harrâq tout le bien, et la récompense de Dieu pour sa patience fut grande puisqu’il rencontra le pôle de son temps à la tribu de Ghmara , pris de lui la science utile et rentra au soufisme par sa grande porte : dés le premier regard, le grand maître Moulay Larbi Derkaoui voyait en Al-harrâq une prédisposition jamais égalée… Il pris sa main toute de suite ( lui donna le pacte « Al Mouafaha ») et lui dit : « Invoque Dieu et rappelle les gens en Dieu » « Othkour Allah wa Thakkir Fi Allah » ce qui constituait un « Ithn » absolu : une autorisation de communiquer la voie « la Tariqa » à tout le monde et une autorisation particulière(Ithn Khaass)issue des deux présences divine et Mohammadianne( Al Hadratayn Al Ahadiya wa Al Mouhammadia)pour devenir maître après le maître ; il lui communiqua ainsi son secret. Quand Al-harrâq partit de chez le pôle, un de ses disciples qui était présent lors de cet entretien demanda : O mon maître nous t’avons fidèlement accompagné pendant très longtemps et personne n’a eu jusqu'à présent le grand privilège qu’a eu aujourd’hui le Fqih El Haraq ! tu lui as délivré sans qu’il fasse le moindre effort ton secret, Moulay Larbi Derkaoui répondit alors : « On n’a rien donné de plus à Sidi Al-harrâq, on a juste allumé la mèche qui était en lui, il est venu avec une lampe claire et pure (il fait allusion au cœur) et a mis en dessous de l’eau propre(il fait allusion au respect de la Charia' "la loi divine") et a versé de l’huile (combustible) si pure qu’il allait s’allumer presque tout seul et il a posé une mèche propre et parfaite qui ne nécessitait aucun dressage ni polissage , il nous a demandé de l’allumer et c’est ce qu’on a fait »
Ainsi, Al-harrâq retourna à Tétouan inondé de lumière, maître d’une science profane qui lui a été transmise sans peine et qu’il a miraculeusement absorbée en l’espace d’une rencontre. Son réceptacle était pure et totalement prédisposé….Ainsi, il ne passa pas d’épreuves ni de Khalwa(retraite spirituelle) avec son maître, il ne s’est pas pris la peine d’effectuer de longs et périlleux voyages pour chercher la vérité. Ce trajet spirituel va marquer en fait toute l’éducation que va donner Al-harrâq par la beauté et par une révolution fondamentale dans les méthodes éducatives de la Tariqa.7bis
A Tétouan, les foules des chercheurs de vérité venaient le rencontrer et apprendre le soufisme malgré l’opposition des juristes… Al-harrâq était aussi un grand poète attentionné et sensible à la culture Andalouse, Il jouait la lutte et excellait en musique andalouse. C’est ainsi qu’il fut à l’origine de plusieurs répertoires de cette musique très connue au Maroc. Il écrit trois grands Diwan (chants soufis) invoquant la grâce du prophète et évoquant l’amour dans ses sens les plus profonds. C’était un poète d’amour par excellence qui puisait dans ses ressources internes pour exprimer d’une part ses états d’extase avec Dieu et de l’autre les interactions entre la nature et ces flux de chants qui venait du monde des lumières. Il s’ingéniait à transformer des poèmes qui expriment une beauté naturelle en des poèmes qui expriment une beauté surnaturelle qu’il sentait sans la voir . Ses chants et poèmes en dialecte marocain sont toujours chantés dans les grandes occasions religieuses surtout au nord du Maroc. Les derviches tourneurs du grand empire turque à l’époque du Sultan Abdel Hamid disciple lui même de la Derkaouia se sont beaucoup inspirés de la musique de Al-harrâq.





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