comme promis à mes bien-aimés Frères Minladounka et Zakari, voici en fichier-joint le texte d'Henry Corbin intitulé "Le disciple de Khezr" extrait de son livre "L'Imagination créatrice dans le Soufisme d'Ibn Arabi" (Editions EntreLacs 2006 pages 74 à 88), que je propose aussi à toutes celles et tous ceux que cela intéresse. Je veux juste dire deux choses à propos de ce texte: il y est question en partie du Shi'isme, ce qui n'étonnera pas celles et ceux qui connaissent le travail considérable de Corbin sur cette branche de l'Islam, mais cette référence au Shi'isme est tout à fait justifiée dans un texte consacré à El Khadir car dans la tradition shi'ite, celui qui est appelé Khezr en persan a une grande importance pour certains mystiques comme Sohrawardi par exemple (tristement surnommé "El Maqtul" après son martyr à Alep), et dont parle Corbin dans ce texte. La deuxième chose que je veux dire, c'est qu'il ne faut pas se méprendre sur le sens de cette phrase qui apparait à la fin du texte: " C'est à la Source de Vie, au Sinaï mystique, qu'est conduit le héros du Récit, là où ayant atteint la Vérité ésotérique, la haqîqa, il transpasse, transgresse les Ténèbres de la Loi et de la religion exotérique, comme la goutte de baume transpassant au revers de la main, face au soleil qui contraint à la transparence." En effet, Henry Corbin ne dit pas là que le disciple de Khezr ou El Khadir peut transgresser la Chari'a impunément, ce serait se méprendre complètement sur le sens de son propos à mon sens, il emploie le verbe "transgresser" au sens de "percer" ou "passer à travers", non pas la Chari'a elle-même, mais les ténèbres qui peuvent recouvrir la Chari'a si elle est coupée de la Haqiqa.Au fond, El Khadir permet à ses disciples de comprendre le sens profond de la Chari'a, son essence, qui est la Haqiqa.
bonne lecture si le coeur vous en dit ! :)
Soufiane





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