
Envoyé par
TheStruggleWithin
Paix et Salut,
Merci Sidi, pour ta confirmation à propos d'Omar Ali Shah. C'est un peu ce que j'ai ressenti en commençant ce livre et puis je suis tombé sur un passage où il dit grosso modo que celui qui lit ce livre devient de facto son disciple et je l'ai alors reposé ... Comme dit mon Maître "la barbe noire ne pousse pas sur la barbe blanche" ...
Je crois que cet homme est une illustration de ce que Sidi Faqirilallah essaie de synthétiser dans son post sur "les anomalies le long de la voie" en même temps que celui de Sidi Abdoullatif sur "la contre-initiation" : un mélange d'enseignement non autorisé (bidouni ijaza) qui conduit à des dérives sectaires.
Pour la différence entre Jalal et Jamal se sont des méthodes d'enseignement propres au Cheikh soufis. Tu trouveras un assez bon résumé de la différence entre les deux méthodes ici.
Wa, 


Paix,merci chér Sidi StruggleWhitin,désoler de ne te répondre que maintenant,j'ai été "retenu",je rejoins ton avis concernant le livre d'Omar Ali Sha,j'ai eu la méme réaction,je l'ai un peu parcouru,puis je m'en suis débarassé,cet homme a été du "pain béni" pour les orientalistes,qui ne cessent de porter atteinte au Tassawuf,en ce qui concerne les termes de Jallal et Jamal, je comprends mieux,merci,dans notre Voie,il y a les deux,la Rigueur et la Beauté,je vais poster un texte qui met l'accent sur la Rigueur,en fin de texte,tu auras les éxplications que tu voulez,sur les onzez régles, (hush dar dam, nazar ba kadam, safar dar watan etc.)et un texte qui met l'accent sur l'Amour et donc sur la Beauté ,merci
Paix,
Explication des bases de cette voie (la tarîqah) sayyid Jamal d-din al ghumuqî-
Textes de Sayyid Jamal-ud-dîn al Ghumuqî
La tariqa Naqshbandiya consiste en une pratique constante des prières les meilleures, c'est-à-dire le souvenir (zikr) de Dieu. Les premières conditions de cette voie sont les suivantes : Celui qui entreprend de marcher sur cette voie doit avant tout obéir totalement au Livre et suivre le Prophète, renforcer ses convictions selon les opinions des successeurs du Prophète ; se repentir sincèrement de ses péchés ; puis expier pour tous les torts commis ; marcher sans dévier sur la voie de Mohammed ; demander pardon auprès des offensés ; appliquer strictement les prescriptions de la Shari'yat ; s'efforcer de se tenir loin de tout ce qui est contraire à Dieu, éviter toutes les actions dont l'origine est dans la tentation de l’égoïsme ; tenir tout ce qu'il fait pour obligatoire et ne rien abandonner sans raison valable ; considérer la permission de renoncer à une obligation comme une interdiction et ne pas le faire sans une nécessité réelle ; se préoccuper dans toute action de l'essentiel ; pratiquer des mœurs louables ; s'abstenir d'une nourriture abondante, d'un sommeil et d'une conversation excessifs ; ne rien manger qui ne soit licite ; avoir un besoin constant de Dieu, recourir à Lui en s'oubliant totalement soi-même en toute action ; rejeter hors de soi la passion envers cette maison trompeuse (le monde) et être satisfait de son sort.
Celui qui s'assimilera ces qualités, celui-là ira jusqu'à l'endroit de la présence; du Seigneur Dieu.
Comment le Sheikh reçoit le serment (ahd) de son disciple
(murîd) et comment, au moment où ce dernier est admis
dans la tarîqah, il lui donne l'initiation (talqin)
Selon la Shari'ah, le mot ahd veut dire prendre l'engagement d'accomplir un acte pieux et religieux, comme par exemple le serment fait par les habitants de Médine de protéger le Prophète Mohammed comme ils protégeaient leurs femmes et leurs enfants.
Talqin veut dire lier les cœurs l'un à l'autre jusqu'à ce qu'ils arrivent à l'Envoyé de Dieu lui-même et de lui au Seigneur Dieu, Allâh. Ce dernier acte est le but suprême de la tarîqah Naqshbandiyya.
Dans la mesure du possible, les Sheikhs naqshbandis réunissent leurs disciples et reçoivent d'eux leurs serments [ahd]. D'abord, le disciple doit se présenter devant le Sheikh dans un état de pureté absolue. Le Sheikh pose sa main sur les mains du disciple et lui dit : « Je fais le ahd au nom de Dieu entre toi et moi, sur le Coran et dans la voie du Prophète — ne commets plus de grands péchés et ne persiste plus dans les petits péchés. Quand tu tombes dans un pareil malheur, hâte-toi de faire pénitence et de laver tes péchés. Accomplis constamment les prières obligatoires et observe régulièrement les prières non obligatoires mais bonnes. Agis constamment avec une intention ferme et écarte-toi des manquements aux règles existantes de la foi, qu'ils soient autorisés ou non. Nous sommes tous frères en Dieu. Celui qui sera sauvé le jour du Jugement dernier prendra son frère par la main. Nous sommes les successeurs de l'imam de la tarîqah, refuge des nations, le seigneur et l'ornement de la foi, Mohammed Bahâ-ud-dîn al Ouwaysi al-Boukhari Shâh Naqshband, et nous marchons dans sa voie. Souviens-toi de Dieu à chaque instant ; ce souvenir [zikr] fait briller les cœurs, il est la source de tout bien recherché. »
Puis le Sheikh exige du disciple le repentir de ses péchés et des actes contraires à la foi qu'il a pu commettre dans sa vie passée et tous les deux disent par trois fois : « Je demande pardon à Dieu le Grand, l'Unique, il n'y a d'autre dieu que Lui, le Vivant, l'Éternel et je retourne vers lui. » Puis le Sheikh bénit le disciple en lisant le passage suivant du Coran :
« Oui, ceux qui te prêtent serment [en s'adressant à Mohammed] ne font que prêter serment à Dieu. La main de Dieu est au-dessus de leurs mains. Quiconque viole le serment, donc, ne viole qu'à son propre détriment et quiconque remplit ce en quoi il s'est engagé à Dieu, alors Dieu lui apportera bientôt une énorme rétribution » (Sourate 48, verset 10).
Après cela, tous les deux posent leurs mains sur leurs genoux, ferment les yeux et le Sheikh prononce en son cœur trois fois le nom de Dieu dans l'intention de le transmettre au cœur du disciple. Le disciple lui aussi prononce dans son cœur à trois reprises le nom de Dieu. Puis ils lèvent leurs mains et le Sheikh prononce une prière et le disciple répond : « Amen. » Après la prière, tous les deux essuient leur visage avec leurs mains, le disciple baise le genou de son Sheikh, se lève et, en ayant reçu la permission, s'en va accomplir ce que le Sheikh lui ordonne. Il doit à jamais préserver ses relations avec le Sheikh et accomplir le serment immanquablement jusqu'à sa mort.
Règles obligatoires de déférence du disciple envers son Sheikh
Sache que celui qui entre en relation avec les Sheikhs doit observer envers eux des règles obligatoires de déférence et de vénération, car les Sheikhs sont des interlocuteurs de Dieu, les relations avec eux sont les mêmes que celles avec Dieu et l'observation des règles de bienséance envers Dieu est le devoir premier de tout homme en tout temps. Le Prophète de Dieu a dit : « Celui qui désire s'asseoir en compagnie de Dieu, qu'il s'assoie avec les hommes de Dieu. »
C'est pour cela qu'il faut se plier aux règles de déférence, et ceux qui ne les suivent pas s'éloignent de la voie juste. Junayd de Bagdad, puisse Dieu purifier son mystère, a dit :« Celui qui va s'asseoir avec cette compagnie — les gens des Tourouqs, sans leur témoigner de la politesse — celui-là verra sa foi le quitter et il périra par la colère de Dieu. » Dans le livre du Prophète, il est dit : « A celui qui ne vénère pas son maître, Dieu enverra trois malheurs mortels : en premier, le jour de sa mort sa langue ne pourra témoigner de l'unicité de Dieu, deuxièmement, il s'appauvrira durant sa vie, et enfin, il oubliera tout ce qu'il savait. »
Les règles de déférence consistent en ce qui suit :
Le disciple (murîd) doit accomplir ses ablutions avant de paraître devant son maître, car la propreté corporelle est la condition de la compréhension ; il doit se repentir de ses péchés, purifier son cœur de toute sorte de pensées et d'images des choses. Il ne doit jamais pénétrer chez son Sheikh sans en avoir demandé la permission, et quand il entre chez lui, il doit le faire avec humilité, la tête basse, le saluer en son cœur et non pas en paroles et après avoir baisé sa main droite, reculer jusqu'à la porte et y rester jusqu'au moment où le Sheikh l'autorise à s'asseoir à une place indiquée. Il ne doit pas marcher sur le tapis du Sheikh au moment où il lui baise la main, mais s'en approcher à genoux. En présence du Sheikh, il ne doit garder en son cœur aucune pensée de ce monde, car les pensées se reflètent dans le cœur du Sheikh et pourraient lui nuire. Il ne doit pas songer à quitter son Sheikh, ne jamais élever la voix, mais parler à voix basse de façon que seul le Sheikh puisse l'entendre ; ne jamais fixer longtemps le visage du Sheikh, car ceci serait contraire à la bienséance, amoindrirait la grandeur du Sheikh dans son cœur et pourrait arrêter son inspiration. Le disciple doit être tel un voleur devant un souverain redoutable. Il ne doit pas changer d'attitude envers le Sheikh, même si celui-ci lui dit une parole brutale et l'humilie devant ses camarades. Il ne doit pas reprocher au Sheikh un acte contraire à la Shari’a et s'il ne le comprend pas, qu'il se dise : « II sait mieux que moi » et qu'il se rappelle l'histoire de Khidr et Moussa. Il ne doit jamais s'opposer à un ordre du Sheikh, quand bien même celui-ci ordonnerait de se jeter au feu, car le malheur vient de la désobéissance au Sheikh. Il ne doit jamais le contredire même s'il a raison, car ce serait une rupture du serment. II ne doit demander ni « pourquoi ? », ni « pour quoi faire ? », car ce serait un reproche. Il doit être convaincu que le Sheikh fait partie des saints de Dieu et qu'il le protège de ses adversaires. Il doit croire que son Sheikh est le plus élevé des Sheikhs, que sa voie est la meilleure de toutes, parce que si le disciple n'en est pas persuadé, il pourra alors préférer un autre Sheikh et une autre voie, mais il prendra au préalable l'autorisation de son premier Sheikh. Il ne doit pas trop tourner autour de son Sheikh, ne pas s'immiscer dans sa compagnie si cela n'est pas exigé par le règlement de la tarîqah. Il ne doit pas rester trop longtemps dans la maison de son Sheikh, car cela pourrait amoindrir à ses yeux l'amour et la grandeur du Sheikh et alors l'inspiration viendrait à tarir. Il ne doit cacher ni ses visions ni ses actes, car ceci dresserait un obstacle sur le chemin qui mène au but. S'il lui est révélé un des secrets de son Sheikh, il ne doit le livrer à quiconque, même sous la torture. Quand il veut quitter la présence de son Sheikh, il doit d'abord solliciter la permission et, l'ayant obtenue, baiser sa main et son genou, puis reculer sans lui tourner le dos, jusqu'au moment où quelque chose le cache aux yeux de son Sheikh.
Celui qui observe strictement ces règles de bienséance profitera pleine*ment de la communion (avec son Sheikh) qui le mènera à Dieu. Dans le cas contraire, toutes ses initiatives et même son entrée dans la communion des Sheikhs ne lui apporteraient que des errements et la colère de Dieu.
Explication des bases de cette voie (la tarîqah) que le murîd doit observer
Celui qui pénètre dans cette voie doit protéger son cœur de l'oubli, afin que son cœur soit constamment avec Dieu à chacune de ses respirations. Protéger la vigilance dans la respiration amène le cœur à sentir Dieu dans la vie, car chaque inspiration et chaque expiration avec le souvenir de Dieu donnent la vie qui mène [le murîd] en présence de Dieu, tandis que chaque inspiration et chaque expiration faites dans l'oubli forment une respiration de la mort qui interrompt la communion avec Dieu. Mais protéger constamment la respiration de l'oubli est chose difficile pour les néophytes qui adhèrent à la tarîqah. C'est pour cela qu'en cas du moindre oubli, ils doivent demander pardon à Dieu en disant : « Pardon, ô Seigneur » Astaghfiroullâh, car ces paroles purifient la respiration et les dirigent vers le bien.
Quand le murîd marche, il doit regarder ses pieds devant lui et ne pas se détourner pour que les images des divers objets ne se fixent dans sa mémoire et ne forment un voile sur son cœur. La plupart du temps, les images des objets fixés dans son cœur deviennent un voile, car les cœurs purs sont comme des miroirs qui reflètent toutes les qualités bonnes ou mauvaises, et les pensées venant d'un cœur grossier se traduisent d'un seul regard sur son visage. Le murîd doit s'élancer de la créature vers le Créateur, comme l'a dit Ibrahim, « je marche vers mon Dieu et non d'une ville vers une autre ».
Un tel voyage est appelé le voyage intérieur. Le sage sheikh de Termidh ne permettait pas à ses murîds de voyager et leur disait : « La clé de toute bonté, la clé de toute bénédiction est la patience devant le désir. Quand se manifeste en toi le début de la bénédiction, tu iras vers Dieu, que ce soit en marchant dans la nature ou en restant immobile. » Le sheikh Abu Bakr ad-Daqâq a dit : « Les malheurs du murîd proviennent de trois actions : Le mariage, l'étude des livres juridiques inutiles et le voyage avant le perfectionnement de soi-même. »
Le cœur de celui qui pénètre dans la voie doit être constamment en présence de Dieu et, se trouvant parmi les hommes, s'éloigner du monde. Cela s'appelle murâqaba.
Sache que la solitude (khalwah) peut être de deux sortes, la solitude naturelle ou extérieure et la solitude intérieure, c'est-à-dire la contemplation des mystères de la Vérité. La première, la solitude extérieure, s'exerce par rapport aux hommes, afin que le monde ne distraie pas le murîd de la contemplation intérieure par laquelle il devient une créature détachée de tout[autre que Dieu]. La solitude intérieure est la solitude véritable et elle appartient exclusivement à la tarîqah Naqshbandiyya, parce que ses adeptes ne s'égarent pas dans la nature mais s'isolent intérieurement, comme le disait notre maître Bahâ-ud-dîn Naqshband : « Notre tarîqah est une assemblée et une bonne union. » Tariqatouna as-Sohba wal khayri fil jam’iyâh
Pour atteindre le stade de la murâqaba, le murîd doit prononcer avec la langue la formule de négation-affirmation : « II n'y a d'autre dieu que Dieu », un certain nombre de fois par jour :5000 ou 10 000 ou même plus ; car son cœur, comme les autres parties de son corps, est soumis à la rouille. Quand la langue prononce cette formule de négation-affirmation, le cœur se purifie de la rouille et atteint l'état de vigilance et, au-delà, celui de la contemplation de Dieu.
En prononçant la formule de négation-affirmation, le murîd doit diriger ses pensées vers la noble sentence ci-après : « ô Dieu, Tu es l'objet de mes aspirations et Ta satisfaction est ce que je désire » Ilahî anta maqsudî wa ridhaka matloubî, parce que ces mots renforcent la signification de la formule négative-affirmative et accordent au cœur de celui qui accomplit le Dhîkr, le mystère de l'unicité de Dieu, à tel point que dans son regard disparaît l'existence du monde et ne subsiste que l'existence de Dieu Unique.
Pendant le Dhîkr, le murîd doit garder dans son cœur la compréhension exacte de la signification de la formule négative-affirmative Lâ ilâha illa-Allâh, car si le cœur n'est pas rempli entièrement par elle, des pensées extérieures pourraient y pénétrer, et alors le cœur n'atteindrait pas le but du Dhîkr, à savoir sa communion avec l'objet du Dhîkr. La protection du cœur de toute pensée extérieure, ne serait-ce que durant une heure, est une grande action pour les adeptes de la tarîqah. Durant le Dhîkr, la rétention de la respiration doit préserver la présence de Dieu dans le cœur de l'adepte. Certains pensent que le murîd doit maintenir la présence de Dieu dans son cœur en tous temps, mais ceci relève du stade de la murâqaba.
Le murîd doit s'arrêter de temps en temps et chercher à connaître quel moment est passé en présence de Dieu et quel autre dans l'oubli. Quand vient l'oubli, il doit l'écarter en disant : « Pardonne moi, ô Dieu » et il doit reporter ses pensées vers Dieu et se fixer en Lui. La vie d'un homme qui n'observe pas ses obligations en ce qui concerne le Dhîkr Allâh et l'accomplissement des prières devient insignifiante et s'abîme dans les péchés et l'oubli. La connaissance des moments du temps et leur préservation de tout ce qui est contraire à Allâh, et la constance dans l'accomplissement des prières sont parmi les plus hautes qualités d'un murîd.
Pendant le Dhîkr, le mûrid doit retenir son souffle et prononcer la formule négative-affirmative un nombre impair de fois : trois, cinq, sept, etc., jusqu’a vingt et un, pendant chaque respiration. Quand le murîd atteindra le stade où il pourra prononcer un nombre impair donné de la formule en un seul souffle, il doit considérer le résultat. S'il obtient quelque résultat, alors tant mieux, mais s'il n'obtient aucun résultat, alors c'est à cause de quelque manquement aux règles. Le murîd doit recommencer, en s'efforçant d'observer rigoureusement toutes les règles prescrites.