Assalâmu`alaykum
Al-Mawâdd al-ghaythiyya an-nâshi'a `an al-hikam al-ghawthiyya
Shaykh al-`Alawî
( Sagesse Céleste - Traité de Soufisme )
Introduction, traduction de l'arabe et notes de M. Chabry et J. Gonzalez
Edition : La caravane
Hikam n° 77 : Se réjouir dans l'épreuve, c'est réaliser la station de la satisfaction(1)
Les âmes détestent être éprouvées. Le serviteur atteint la station de la satisfaction lorsqu'il arrive à se réjouir des épreuves, en tant que telles : c'est le degré qu'occupent les véridiques, parmi l'ensemble de ceux qui évoquent et réalisent l'Unicité divine. Mais s'ils se réjouissent, c'est parce qu'ils voient Celui qui les éprouve avant même que ne se produise l'épreuve : cela en atténue le poids et c'est pourquoi ils vont même jusqu'à s'en réjouir.Ibn `Atâ' Allâhdit dans ses Aphorismes : « Savoir que c'est Lui qui t'éprouve allègera le poids de ton épreuve : Celui aux décrets duquel tu te trouves confronté est Celui_là même qui t'a habitué à reconnaître l'excellence de Ses choix. » En général, celui qui a conscience que la réalité divine choisit toujours le meilleur et prend en compte l'excellence de Son plan ne Lui objecte rien. A quelqu'un qui lui demandait conseil, le Prophète
répondit :
« Lorsque Dieu a décrété quelque chose pour toi, ne pense pas à mal (2) » Muslim rapporte également la tradition suivante du Prophète: « Le cas du croyant est aussi extraordinaire qu'unique : quoi qu'il arrive, c'est toujours à son avantage. En effet, si un évènement heureux le touche, il remercie Dieu, ce qui lui vaudra le meilleur, mais s'il lui arrive quelque malheur, il l'endure patiemment, et cela lui est donc également utile in fine (3) »
On rapporte également ces paroles de Jésus -`alayhi-ssalâm - : « Il manque de science celui qui, atteints corps et biens par les malheurs et les maladies, ne s'en réjouit pas; il devrait savoir que de telles épreuves lui permettent d'expier ses fautes»
Le Maître Abû `Alî al-Daqqâqraconte : « Un jour, mon corps se couvrit de plaies, ce qui me donnait un aspect lamentable. Je m'en fus alors au hammam, et là, quelque chose de l'état de satisfaction surgit en mon coeur : je me mis à embrasser chacune de ces plaies, et lorsque je sortis du hammam, elles avaient toutes disparu»
Ibn `Atâ' Allâh, dans son livre sur « L'abandon de la volonté propre» dit ceci : « La force qui leur permet de supporter le poids des décrets, ils la puisent dans la contemplation de l'excellence de Ses choix» Dans le même sens, il a écrit les vers suivants :
Savoir que c'est Toi qui m'éprouves et m'imposes les arrêts du destin
Me rend les choses moins pénibles, dans ce qui m'advient.
L'homme ne trouve aucune échappatoire au décret divin.
Dieu ne lui laisse pas le choix de son destin.
Celui qui découvre, grâce au dévoilement, ce qui se cache derrière l'épreuve et réalise que Dieu seul en est l'Agent, non seulement n'en souffre pas, mais s'en réjouit même généralement. Lorsqu'il souffrait, notre maître, Sîdî Muhammad al-Bûzîdî, se voyait envahi par un état d'effusion expansive et se mettait à parler des réalités spirituelles plus que d'accoutumée. Voici un exemple étonnant de ce qui pouvait lui arriver : un jour, il perdit l'usage d'une main et d'un pied, à savoir qu'elles devinrent complètement paralysées. Je vins lui rendre visite, et vis qu'il était au contraire animé d'une joie expansive. Il me dit notamment ceci : « Ce qui s'est passé cette nuit est le symbole le plus expressif et le plus concluant qu'il m'ait été donné de connaître depuis que je suis entré dans la voie. Je me suis en effet réveillé en pleine nuit, saisissant de ma main valide mon autre main, celle qui est paralysée. Je crus alors que cette dernière était quelque chose d'étranger à moi-même, dans la mesure où elle est complètement insensible. Je la saisis donc et appelai ma famille pour qu'ils allument la lampe. Quand la pièce fut éclairée, je vis que je tenais moi-même ma propre main et rien d'autre. Je m'émerveillai de ce qui était arrivé, puis m'écriai :
_ Gloire à Dieu ! C'est ainsi que les gens méconnaissent leur Seigneur : Lui est avec eux, mais ils ne Le voient pas ! »
J'ai dit en ce sens :
Je me suis perdu dans mon moi,
devenant absent à Moi, égaré
Par mes sens, perdu loin de Moi,
Alors qu'il n'y avait qu'une seule réalité.
Voilà comment les gens de la voie se réjouissent des épreuves qu'ils subissent, ce qui prouve l'authenticité de leur confiance en Dieu, quant aux chois qu'Il fait pour eux !
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(1) Ridâ a ici un double sens. Dieu et Son serviteur sont mutuellement satisfaits l'un de l'aute
(2) Hindî, Kanz al-'ummâl, n°43639
(3) Muslim, Sahîh, IV, kitâb al-zuhd wa l-raqâ'iq, bâb al-mu'min amruhu kulluhu khayr, n° 64/2999.
Wassalâm






répondit :
, se voyait envahi par un état d'effusion expansive et se mettait à parler des réalités spirituelles plus que d'accoutumée. Voici un exemple étonnant de ce qui pouvait lui arriver : un jour, il perdit l'usage d'une main et d'un pied, à savoir qu'elles devinrent complètement paralysées. Je vins lui rendre visite, et vis qu'il était au contraire animé d'une joie expansive. Il me dit notamment ceci : « Ce qui s'est passé cette nuit est le symbole le plus expressif et le plus concluant qu'il m'ait été donné de connaître depuis que je suis entré dans la voie. Je me suis en effet réveillé en pleine nuit, saisissant de ma main valide mon autre main, celle qui est paralysée. Je crus alors que cette dernière était quelque chose d'étranger à moi-même, dans la mesure où elle est complètement insensible. Je la saisis donc et appelai ma famille pour qu'ils allument la lampe. Quand la pièce fut éclairée, je vis que je tenais moi-même ma propre main et rien d'autre. Je m'émerveillai de ce qui était arrivé, puis m'écriai :

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