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Discussion: Convenances spirituelles de la Voie (Âdâb et-Tarîq)

  1. #51
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    Convenances spirituelles de la Voie (18)
    Âdâb et-Tarîq

    *

    Si l’on dit : " Qu'est-il plus utile : le dhikr personnel ou le dhikr collectif ? ", la réponse est la suivante : le dhikr personnel (munfaridan) est plus utile à ceux qui pratiquent l'isolement absolu (el-khalwah) et le dhikr collectif est plus utile à celui qui ne pratique pas l'isolement.

    Si l’on demande : le dhikr à voix basse (sirran) est-il plus utile ou le dhikr à voix haute (jahran) ? La réponse est que le dhikr à voix haute est plus utile à celui des débutants qui a vaincu les difficultés propres aux gens du début de la Voie. Le dhikr à voix basse est plus utile à qui, parmi les gens de la progression effective, à dépassé la collectivité.

    Si tu dis : " L'aspect collectif du dhikr est-il meilleur ou bien (comme certains le pensent), est-ce une innovation ? Nous répondons que c'est recommandé : Allah l'aime ainsi que Son Prophète. Et y a-t-il une oeuvre d'adoration meilleure que le rassemblement d'un peuple qui se regroupe pour le dhikr d'Allah et à qui Il tient compagnie à cause de son incantation ?

    Si tu dis : " Quel est l'argument par lequel on voit que le dhikr collectif est meilleur ? ", la réponse est que ce qui détermine cet avis vient de ce que rapporte Muslim et Tirmidhi (selon un hadith marfu') : " Il n'est pas un groupe qui ne fasse le dhikr d'Allah (.) sans que les Anges ne l’entourent, ne les couvrent de la miséricorde, que la Grande Paix (es-Sekînah) ne descende sur eux et qu'Allah ne les mentionne chez ce qui est chez Lui".

    L'Imâm Ahmed rapporte le hadith suivant : " Il n'existe pas un groupe de gens qui se réunissent pour le dhikr d'Allah (.), en ne voulant en cela autre chose que Sa Face, sans qu'un héraut ne leur annonce depuis le Ciel : " Levez-vous, vous êtes pardonnés. Vos mauvaises actions ont été changées en bonnes !"

    Et-Tirmidhî rapporte : " Il n'existe pas un groupe de gens qui se réunissent pour la dhikr d'Allah (.), ne désirant en cela que Sa Face, sans qu'un héraut ne leur annonce depuis le Ciel

    Ibn Habbân a rapporté dans son recueil de hadith certifiés véritables le hadith suivant : " Allah (.) dit : " On reconnaîtra les gens du "rassemblement" des gens de la "générosité" " On demanda : " Qui sont les gens de la "générosité" ô Prophète d'Allah ? " Il répondit : " Les gens des assemblées de dhikr dans les mosquées (lieux de prière) ; ils font le dhikr d'Allah à tel point qu'on dit d'eux : " Ils sont fous (possédés) ! "

    Les savants (uléma) anciens et (leurs) successeurs sont unanimes quant au caractère recommandé du dhikr d'Allah (.) en commun, dans les mosquées et autres lieux semblables, sans dénégation aucune sauf si leur dhikr dérange quelqu'un qui dort, prie, récite (le Coran) ou autres choses semblables, toutes détaillées dans les livres de fiqh.

    L'Imâm el-Ghazâlî compare le dhikr de l'homme seul et le dhikr collectif au grand appel à la prière (adhân) fait seul et l'appel fait en commun, en disant : " Comme les voix des muezzins [litt. ceux qui font l'adhân] en commun rompent davantage les attaches des désirs que la voix d'un muezzin unique, le dhikr en commun fait en un choeur unique est davantage propre à lever le voile (de l'ignorance) que celui d'un seul."
    *
    Extraits issus du livre : Lawâqîh el-Anwar el-qudussiyah fî ma'rifati qawâ'id eç-çufiyah de l'Imâm Abd el-Wahhab Charanî. (Traduction et notes inédites)
    (à suivre, in châ Allah …)
    *
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  2. #52
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    Convenances spirituelles de la Voie (19)
    Âdâb et-Tarîq

    *

    Quant à ce qui est de la récompense : à chacun des participants revient le bienfait qui lui personnel ainsi que le bienfait propre à la "séance" de son compagnon" *et ce pour quoi le dhikr fait en commun est plus efficace à lever les voiles épais vient de la comparaison qu'Allah (.) a établi entre les cœurs et les pierres ; il est en effet connu qu'une pierre de grande taille ne peut être brisée qu'avec la force d'un groupe qui se réunit (...) car la force de la collectivité est plus puissante que la force d'une seule personne. C'est pourquoi on a fait une condition du dhikr qu'il se fasse avec une force parfaite en prenant comme argument Sa parole (.) : " puis leurs coeurs sont endurcis après cela ; ils sont comme des pierres ou pire que des pierres" (II,74) Comme la pierre n'est brisée que par la force, de même le dhikr ne peut rassembler les aspects séparatifs du coeur de celui qui le pratique avec force.*

    * On se souvient que cette question de l’intensité avec laquelle doit être pratiqué le dhikr a déjà été soulevée précédemment dans le texte.

    A la question de savoir s'il est préférable de faire le dhikr (simplement par la formule) "Lâ ilâha illâ Allah" ou d'ajouter "Mohammadun rasûl Allah" on répondra que le meilleur dhikr de ceux qui progressent sur la Voie de la Réalisation effective (es-Sâlikîn) est le dhikr "Lâ ilâha illâ Allah", sans (la formule) "Mohammed est l'Envoyé d'Allah", tant qu'ils n'ont pas obtenu le rassemblement avec Allah (.) en leurs coeurs, condition dans laquelle le dhikr "Mohammed est l'Envoyé d'Allah" est alors meilleur.

    Si l’on dit : " N'est-il pas mieux de réciter le Coran, sous le rapport que cela constitue, à la fois, un dhikr et une récitation ? "
    La réponse est que le dhikr est [techniquement, sous le rapport du travail initiatique) meilleur pour le murîd et la récitation meilleure pour celui qui, ayant une connaissance effective de l'Immensité d'Allah, est parfaitement réalisé (el-kâmil).

    Ainsi se termine, après quelques considérations que la réalité de la transmission de la khirqah, l'introduction des Lawâqîh.
    Le chapitre suivant traite des âdâb qui concernent le murîd en lui-même


    *
    Extraits issus du livre : Lawâqîh el-Anwar el-qudussiyah fî ma'rifati qawâ'id eç-çufiyah de l'Imâm Abd el-Wahhab Charanî. (Traduction et notes inédites)
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  3. #53
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    Par défaut Re : Convenances spirituelles de la Voie (Âdâb et-Tarîq)





    Convenances spirituelles de la Voie (20)
    Âdâb et-Tarîq

    *
    Chapitre 1

    Règles spirituelles concernant le murîd


    Mention de certaines règles initiatiques concernant le murîd avec lui-même et rappel des avis des Maîtres à ce sujet.

    Je dis ce qui suit, et c'est Allah qui rend les choses propices :

    « Sache mon frère que l’ensemble des mœurs (âdâb) du disciple est difficile à définir et à résumer en détail en une seule phrase. Cependant, nous t’en rappellerons une partie utile : bien que la fonction du shaykh soit de faire uniquement apparaître le sens caché du murîd, Dieu -qu’Il soit exalté- ayant insufflé dans l’âme de chacun tout ce qui la concerne en guise de qualités et de vices, ce que le shaykh
    lui ordonne et lui interdit est enfoui dans son âme. Le shaykh ne peut rien donner d’autre au murîd en dehors de celui-ci.*

    * Il s'agit de ce que René Guénon appelle la qualification, qui est l'une des conditions de l'initiation : un être ne peut réaliser que les potentialités de connaissances qu'il détient en lui à l'état virtuel, le but de la Voie étant de rendre effectives les potentialités en questions, quand elles existent.

    Au début, le Murîd est comme un noyau où se cache le palmier, symbolisant ici la sincérité ou le mensonge dans la Voie. S’il est sincère, le fruit de sa sincérité se ramifie et se fructifie au point de s’élever sur tous ses voisins, qui mangent de ses fruits. Bien plus, sa sincérité se répand sur l’ensemble des habitants de sa ville ou de sa province qui en profitent. Ainsi, sa sincérité et sa vertu se dévoilent aux notables et aux communs de sorte que même s’il voulait leur dissimuler sa vertu, il ne le pourrait point.

    En revanche, si l’amour du murîd pour la Voie n’est pas sincère, l’arbre de son mensonge, de sa perfidie et de son hypocrisie se ramifie alors jusqu’à s’élever sur tous ses voisins, sa ville et sa province de sorte que se dévoilent son mensonge, son hypocrisie et sa vanité.

    Et quand bien même il voudrait se montrer sous les traits d’un honnête homme, il ne le pourrait pas tant ses pratiques ignobles démentiraient ses prétentions. Il essuierait un affront. La Voie le rejetterait jusqu’à ce qu’il rejoigne la jurisprudence appliquée au vulgum du fait de son mensonge dans la Voie du Seigneur -qu’Il soit exalté. Il se peut que Dieu -qu’Il soit exalté, lui ôte l’once de sincérité qu’Il lui a donnée et que les tous les gens disent à son propos : « Un tel fut arraché de la Voie des ascètes et il ne lui reste d’eux plus le moindre parfum. » Même en se montrant dans un habit austère, en s’habillant de laine et en s’ornant des habits des fuqarâ, les gens verront qu’il est dépourvu d’adab et nul n’ignorera qu’il en aura été privé.

    Edifie ton affaire, mon frère, sur la sincérité dans la recherche de la Voie des Gens d'Allah sans quoi la Voie te refusera, même longtemps après (…) Ceci étant, je dis et c'est Allah qui prendra en charge ta guidée (que l'on trouve ce qui est propice) :


    *
    Extraits issus du livre : Lawâqîh el-Anwar el-qudussiyah fî ma'rifati qawâ'id eç-çufiyah de l'Imâm Abd el-Wahhab Charanî. (Traduction et notes inédites)
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    Convenances spirituelles de la Voie (21)
    Âdâb et-Tarîq

    *

    1 - Il incombe au murîd d'être sincère dans l'amour du Cheikh car il est son critère personnel dans la réalisation spirituelle : il est pour lui dans les Réalités Cachées comme celui qui indique la Voie aux pèlerins dans les nuits obscures.
    Sois sincère, mon frère, dans l'amour du Maître spirituel : tu obtiendras en cela tout bien et Allah suivra ta guidance.

    La sincérité dans l’amour du Cheikh est le premier conseil de plus de trois cents qui vont s’égrener durant le livre, in châ Allah, concernant tout d’abord le murîd en lui-même, puis les rapports entre le murîd et son Cheikh et enfin ceux du murîd avec ses frères et les compagnons du Cheikh

    *

    2 - Il conviendra que le murîd veille à n'entrer dans un pacte avec le Cheikh qu'après s'être repenti de l'ensemble des pêchés extérieurs et intérieurs, tels que la médisance, (l'usage de) la boisson enivrante, l'envie, la haine, etc ... de même qu'il ne devra pas se réjouir des autres querelles concernant la propriété et les biens pécuniaires *. La noblesse de la Voie est dans la présence d'Allah ; et pour celui qui ne se purifie pas de l'ensemble de ses pêchés intérieurs et extérieurs, l’entrée dans la Voie n'est pas valable, car son statut est le statut de celui qui entre dans la prière rituelle alors qu'il a sur son corps, ou sur ses vêtements, une impureté qu'il n'a pas enlevée ou sur laquelle il n'a pas versé de l'eau ; sa prière n'est pas valable et son Cheikh ferait-il même partie des plus grands saints **, il ne pourrait pas lui faciliter la progression d'un seul pas dans la Voie des Gens d'Allah avant de s'être purifié.

    * Le maqâm de la tawbah est habituellement considéré comme nécessaire à tout engagement initiatique sincère. Il peut être compris comme la marque d’une orientation particulière, interne puis externe, de l’être vers son principe ontologique. On lui fait néanmoins précéder (Manâzîl es-Salikîn) celui de l’éveil (yaqadhah) qui est la prise de conscience initiale de l’être qui permet à celui qui en est l’objet de répondre à l’appel du « Ne suis-je pas votre Seigneur » en répondant « Balâ ! ». C'est ce qui permet de considérer tout pacte qui pourra être effectué par la suite dans cette perspective comme un tajdîd, lui-même, du Pacte primordial.

    ** L’auteur insiste d’emblée sur la nécessité d’un travail actif propre au murîd comme condition de toute progression effective.

    Nombre de gens négligent cet aspect des choses et ils prennent un pacte avec le murîd * alors que pèsent sur lui des pêchés extérieurs et intérieurs, en considération de la situation des biens et des possessions des êtres en question ; il ne lui est d'aucune aide dans la Voie.

    *L'expression est ici dans la forme inverse de celle qui est habituellement utilisée, indiquant qu'il s'agit ici de la responsabilité incombant au Cheikh, dont il est évidemment supposé qu'il a l'aptitude réelle pour apprécier ce dont il s'agit.

    J'ai entendu Sidî Alî Khawwâç –qu’Allah soit satisfait de lui- dire : " La Voie des Gens d'Allah est semblable à l'entrée au Paradis ; de même que personne parmi les Gens du Paradis ne peut y entrer alors que pèse sur lui le droit d'un être humain (adamyy) (comme il est rapporté dans le hadith sahih), de même est l'entrée dans la Voie d'Allah." (...)

    Le repentir consiste à renoncer aux choses blâmables, selon la Loi Divine et de revenir aux choses louables. Le repentir se définit selon le rang du repentant, car certaines qualités louables sont, pour les autres, un péché auquel on doit renoncer, selon le point de vue exprimé par la sentence suivante : " Les bonnes actions des Pieux (hassanât el-Abrâr) sont les mauvaises actions des Rapprochés (sayy’ât el-Mouqarrabîn)." Sache que celui qui persiste à commettre les interdits, à s’adonner à la concupiscence et à pécher, sera distancé de la Voie comme le ciel l’est de la terre.

    *La considération de la qualité d’une action est ainsi assujettie à la station de celui qui l’accomplit

    Il va sans dire qu’il est dans la nature de l’âme individuelle d’avoir des prétentions mensongères, prétendant être véridique dans son repentir alors qu'elle ne l’est pas ! Cette prétention ne sera effectivement entérinée que lorsque son Maître l’aura constatée à chaque station pour laquelle il prétendra être sincère, jusqu’à ce qu’il atteigne une station spirituelle dans laquelle il se repentira à chaque fois qu’il sera distrait de la contemplation d’Allah, ne serait-ce qu’un instant*. Puis, il s’élèvera dans les degrés de glorification d’Allah, l’Eternel, Tout-Puissant, sans s’arrêter ni se fixer en une station précise.

    *L’orientation par la tawbah est réaffirmée comme une nécessité méthodique tout au long du sulûk

    Ceci est le condensé de ce qui a été dit [par les Maîtres] sur le repentir. On doit se repentir des péchés capitaux (kabâir), mais aussi des péchés véniels (el-çaghâ'ir), des actes répréhensibles (makroûhât) et des choses permises mais à ne pas accomplir, ainsi que du fait de se considérer comme l’un des disciples (fuqarâ) du temps.

    *
    Extraits issus du livre : Lawâqîh el-Anwar el-qudussiyah fî ma'rifati qawâ'id eç-çufiyah de l'Imâm Abd el-Wahhab Charanî. (Traduction et notes inédites)
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  5. #55
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    Convenances spirituelles de la Voie (22)
    Âdâb et-Tarîq

    *

    3 - Il lui revient de s'appliquer constamment à l'effort spirituel envers son âme sans jamais se réconcilier avec elle. Le Cheikh Aboû Alî ed-Daqqâq -qu’Allah soit satisfait de lui- disait : " Qui embellit son extérieur par l'effort spirituel, Allah embellit son intérieur par la contemplation. Qui ne porte pas d'effort contre son âme à son début, ne respire pas le parfum de la Voie". Car une des particularités de la Voie d'Allah Ta’âlâ est en effet qu'au serviteur qui ne se donne pas tout en entier à la Voie, aucune partie de la Voie n'est donnée.

    On a déjà vu précédemment une autre exigence de la Voie, à propos de la Jalousie d’Allah Ta’âlâ envers son serviteur, qui était l’expression d’un nécessaire tawhîd. Cette notion constitue une sorte de fil blanc de l’exposition de toutes ces règles qu’il pourra être utile, à l’occasion, de suivre tout au long du livre, in châ Allah, pour voir quelles sont les expressions multiples et cohérentes qu’elle peut revêtir.

    Abu Othmân el-Maghribi -qu’Allah soit satisfait de lui- disait : " Celui qui croit qu'il sera "ouvert" quoi que ce soit de cette Voie [par la réalisation spirituelle effective] sans effort personnel, a espéré l'impossible. »

    Le Cheikh Zaki ed-Dîn Ibrâhîm dit en ce sens, dans son épitre el-Khitâb (Propos général sur le Soufisme):
    « Les dons spirituels et les illuminations du cœur, quant à eux, sont les fruits des efforts et des œuvres. Les Soufis sont des gens ayant des états spirituels (أحوال) et non des orateurs. N’arrive point à la Contemplation (المشاهدة) celui qui abandonne l’effort de dévotion (الْمُجَاهَدة).(…)
    La guidance (الهداية) est aussi faite d’effort et de persévérance, et le Cheikh n’est qu’un « indicateur », uniquement (الشيخ دليل فقط) . Ainsi, celui qui ne travaille pas n’arrivera pas. Et celui qui ne cherche pas l’ascension spirituelle ne verra ni anoblissement, ni élévation de son être : sans marche, nul parcours ! Celui qui compte sur les œuvres qu’il a accomplies, succombera à l’orgueil, puis sera emporté par l’égarement et sera perdu.(…)
    Quant à nous, nous indiquons la Vérité Essentielle (ونحن إنما نشير إلى الحقيقة) et montrons le chemin, puis nous laissons l’aspirant sincère (المريدَ الصادق) parvenir au bout de son chemin par son propre effort . En effet, ton Cheikh n’est pas celui que tu écoutes seulement (فليس شيخُكَ من سمعتَ منه), mais celui duquel tu prends réellement quelque chose (ولكن شيخك من أخذتَ عنه
    ). Celui qui persévère est juste et celui qui fait des efforts arrive."

    Abu Ali ed-Daqqâq -qu’Allah soit satisfait de lui- disait : " Celui qui ne s'établit pas avec rectitude au début de la Voie, n'aura pas où s'asseoir à la fin".

    La science des cycles permet de savoir qu’il existe une nécessaire correspondance entre le début et la fin de tout processus. Cette notion permet de comprendre, sous un certain rapport et avec les réserves propres à toute analogie, qu’il est particulièrement important d’accorder un soin et une attention tout particuliers à tout ce qui touche l’initiation comme telle, c’est-à-dire l’entrée dans la Voie, ainsi que le début du travail que l’on y effectue.

    El-Hassan el-Arrâr -qu’Allah soit satisfait de lui- disait : " La Voie est établie sur trois choses : celui qui désire y progresser (murîdu-hâ) ne mange que par nécessité, ne dort que s'il est épuisé et ne parle que selon l'obligation légale."

    *
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  6. #56
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    Par défaut Re : Convenances spirituelles de la Voie (Âdâb et-Tarîq)

    Citation Envoyé par faqirilallah Voir le message
    3 - Il lui revient de s'appliquer constamment à l'effort spirituel envers son âme sans jamais se réconcilier avec elle. Le Cheikh Aboû Alî ed-Daqqâq -qu’Allah soit satisfait de lui- disait : " Qui embellit son extérieur par l'effort spirituel, Allah embellit son intérieur par la contemplation. Qui ne porte pas d'effort contre son âme à son début, ne respire pas le parfum de la Voie". Car une des particularités de la Voie d'Allah Ta’âlâ est en effet qu'au serviteur qui ne se donne pas tout en entier à la Voie, aucune partie de la Voie n'est donnée.


    merci khouya Faqirilallah pour ces écrits ..

    Aucune mauvaise habitude brisée, aucun effort n'est vain. Allah swt en est temoin




    Un des plus illustres personnages d'entre les hommes spirituels a dit : " Le pricipe dans lequel tout cela se trouve compris, c'est que, quand un homme fait une action extraordianire en renoncant a qq chose de ce que les hommes ont coutume de faire ou de ce quil avait coutume de faire lui-meme, Dieu aussi, de Son coté, par une sorte de compensation, change en sa faveur qq chose au cours ordinaire de la nature. C'est là ce que le vulgaire appelle karamat; mais les hommes distingués entendent par ce mot la faveur divine qui leur a donné le secours et la force de renoncer aux choses auxquelles ils etaient accoutumés. Voilà ce que nous autres nous entendons par karamat. les voies de la vertu, Al Jami, p114


    Citation Envoyé par faqirilallah Voir le message
    Celui qui compte sur les œuvres qu’il a accomplies, succombera à l’orgueil, puis sera emporté par l’égarement et sera perdu.(…)



    d'autres passages :


    Il ya une espece de voiles pour les hommes speciaux ; c'est la vue de leurs oeuvres, la consideration des recompenses dues aux actions, et la vue des bienfaits de Dieu. Le sheikh de l'islam a dit : " Dieu est voilé pour le coeur de l'homme qui voit ses propres actions, il est voilé meme pour celui qui cherche la recompense et pour celui qui detourne les yeux de dessus Le Bienfaiteur, s'occupant de considerer le bienfait."

    Wasiti a dit : Porter ses regards sur la retribution des bonnes oeuvres, cest une des manieres d'oublier la bonté. Il veut dire que d'avoir en vue la recompense des bonnes oeuvres , et d'en rechercher la retribution c'est mettre en oubli la bonté et la grâce de Dieu


    On demanda à Junayd sil ya des dons (de Dieu), sans oeuvres (qui les aient merités). Toute oeuvre, repondit il, est un don de Lui.
    Le signe qui atteste la sincerité du croyant c'est l'aspiration à imiter le comportement et le caractere du Prophete saws d'Allah

  7. #57
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    Par défaut Re : Convenances spirituelles de la Voie (Âdâb et-Tarîq)


    wa alaykum as-Salâm wa rahmatu-Llah wa barakâtu-H, Lalla Yas et merci pour votre participation


    Convenances spirituelles de la Voie (23)
    Âdâb et-Tarîq

    *

    4 - Il lui incombe de ne parler ou de ne se taire que par obligation ou par un besoin légal. Il doit, d'une manière générale, maintenir fermée la porte des propos futiles.

    Les Maîtres ont fait du peu de paroles un fondement des exercices spirituels ; Bichr ibn el-Harith -qu’Allah soit satisfait de lui- disait ainsi : " Si tu aimes parler, tais-toi et si tu aimes te taire, parles ! * Car il y a dans la parole un plaisir pour l'âme et une manifestation de l'éloge. »

    *On voit que le conseil général est ici exprimé sous une forme spéciale qui reflète dans sa totalité, paradoxale dans le contexte, la règle méthodique de systématiquement contrarier la nafs par l’action ou l’attitude contraire.

    L'Imâm Abou Bakr el-Ciddiq mettait dans sa bouche un grand nombre de cailloux afin de peu parler ; ainsi se rappelait-il les cailloux quand il voulait penser à des propos futiles et on disait même que c'était une pratique prophétique (sunna) de mettre ainsi des cailloux dans sa bouche ! L'Envoyé d'Allah disait (à ce propos) : " Les hommes ne sont-ils pas précipités dans le Feu sur leur faces par leurs propos calomnieux ? " Louange à Allah Seigneur des Mondes !
    *

    5 - Il lui incombe aussi de multiplier les moments de faim selon les prescriptions légales : c'est un des fondements principaux de la Voie ! De la même manière que le Législateur a établi que la grandeur du pèlerinage se trouvait en Arafah, les gens d'Allah ont fait de la faim elle-même un fondement de la Voie spirituelle.

    Les fondements de la Voie sont au nombre de quatre : la faim, l'isolement, la veille et le peu de paroles. Quand le murîd a faim, les trois autres vertus en découlent, car celui qui a faim diminue ses propos, multiplie ses veilles pieuses et aime s'isoler des hommes.

    Ils effectuent une diminution progressive de la nourriture petit à petit, jusqu'à pouvoir manger une bouchée unique pour un jour et une nuit ; certains arrivant à une datte, une amande ou un raisin sec ! Aboû 'Othmân el-Maghrebî mangeait une seule fois tous les six mois et le Cheikh Muhy ed-Dîn dans les Futûhât el-Mekkiyah dit : " On nous a transmis qu'Allah , lorsqu'il créa l'âme individuelle lui dit : " Qui suis-je ? " Elle Lui répondit : " Et moi, qui suis-je ? " Il la fit demeurer dans la Mer-de-la-Faim 4000 ans puis dit : " Qui suis-je ? " Elle répondit : " Tu es mon Seigneur."

    Sahl ibn Abdallah el-Tustarî ne mangeait que tous les quinze jours. Lorsqu'arrivait Ramadân, il ne mangeait que lorsqu'il voyait le nouveau croissant de lune de Shawwâl. Il rompait chaque nuit de Ramadân avec de l'eau uniquement, afin de sortir de la continuité du jeûne, et disait : " Quand Allah créa la dunyah il mit dans la faim la science et la sagesse et mit dans la satiété l'ignorance et la désobéissance." Il se renforçait quand il avait faim et s'affaiblissait quand il était rassasié.

    Aboû Souleymân Dârânî disait : " La clef de ce bas-monde est la satiété et la clef de l'Autre Monde est la faim. " c'est-à-dire leur pratique.


    Yahyâ ibn Mu'âdh disait : " la Satiété est un feu et la passion est comme du bois mort : la combustion est engendrée par lui et son feu n'est éteint que lorsque celui qui le produit est brûlé ! "

    Sahl ibn Abdallah disait : " Qui veut manger deux fois par jour se construise une mangeoire. "

    Mâlik ibn Dînâr disait : " Celui qui veut que le Shaytân s'enfuie de son ombre, qu'il contraigne sa passion !" et les paroles des Anciens concernant ce point sont nombreuses. Et Allah est plus Savant.

    *

    Extraits issus du livre : Lawâqîh el-Anwar el-qudussiyah fî ma'rifati qawâ'id eç-çufiyah de l'Imâm Abd el-Wahhab Charanî. (Traduction et notes inédites)
    (à suivre, in châ Allah …)
    *
    Et Allah est plus Savant
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  8. #58
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    Convenances spirituelles de la Voie (24)
    Âdâb et-Tarîq

    *

    6 - Il lui revient de veiller à embrasser continuellement les règles de convenances spirituelles avec Allah (.) et Ses Saints ainsi qu'avec ses propres frères. Il ne devra pas s'accorder la moindre excuse concernant un manque de adab qu'il aura commis.

    La fonction du âdâb dans le sulûk est donc fondamentale puisqu’elle conditionne grandement le résultat des œuvres

    Abû Alî ed-Daqqâq disait : " Le serviteur atteint le Paradis par ses actes mais il n'atteint pas la Présence de son Seigneur sans adab dans son adoration ; qui ne veille pas au respect du adab dans son obéissance est voilé de son Seigneur de 70 voiles ! "

    Il ne prenait jamais appui sur un coussin ou sur un mur sauf par nécessité ; il disait : " C’est un manque de adab ! "
    Il s’agit de l’application de la règle générale qui veut que l’on se comporte en accord celui en compagnie duquel on se trouve, ici en présence d’Allah Ta’âlâ, cette règle étant évidemment applicable entre le murid et son Cheikh.

    Abdallah ibn el-Jalâ disait :" Qui n'a pas de adab n'a pas de sharîyah, ni de foi, ni de tawhid ! *"
    *Il faut comprendre : totalement.

    Ibn Attâ' disait : " Le murîd n'est pas réellement bien éduqué tant qu'il n'est pas honteux vis-à-vis d'Allah d'étendre sa jambe devant lui nuit et jour"
    Comme on l’a vu précédemment, ce point d’adab est régulièrement donné en exemple du scrupule que se doit d’avoir le serviteur conscient de la Présence de son Seigneur ; son application technique et disciplinaire peut varier suivant les Maîtres.

    El-Harîzî disait : " Je n'ai pas étendu ma jambe en cellule d'isolement (khalwah) durant 20 années." Il disait aussi : " Le comportement adéquat exotérique en chaque chose est requis au premier titre à celui qui est intelligent sans que l'on trouve dans la Loi une expression sur le adab en lui-même envers cette chose. »

    Il disait : « Celui qui fréquente les rois du monde sans courtoisie, s’expose à la mort. Que dire alors pour quiconque manque d’égards au Vrai (Allah) et transgresse Ses interdits ? »

    Il ajoutait : « Le manquement à l’adab implique le bannissement. Quiconque manque d’adab sur le Tapis (de la Présence divine) sera reconduit à la porte. Quiconque manque d’adab au seuil de la porte, sera réduit à s’occuper des bêtes. »

    L’imâm Shâfi’î, que Allah soit satisfait de lui, dit : « L’imâm Mâlik, que Allah lui accorde la miséricorde, m’avait dit : « Oh Muhammad, que ta science soit moindre, comme l’est la quantité de sel (dans un pain), et que ton adab soit abondant, comme la farine ».

    ‘Abd al-Rahmân b. al-Qâsim, que Allah soit satisfait de lui, a dit : « J’ai fréquenté, vingt ans durant, l’imâm Mâlik -que Allah ait son âme- pendant lesquels j’ai consacré 18 années à l’apprentissage de l’adab et deux années à apprendre les sciences. Dommage qu'elles n'aient pas été 20 années de Adab !"

    Abû al-Husayn al-Nûrî, que Allah soit satisfait de lui, dit : " Le fait de ne pas se comporter pas adéquatement dans l'instant est haïssable".

    Dhu-l-Nûn l'Egyptien -que Allah soit satisfait de lui, disait : « Celui qui renonce au adab en
    s’appuyant sur des licences revient de là où il est venu ».

    Sidi Muhammad al-Shannâwî -que Allah soit satisfait de lui- dit : « Lorsqu’il adhère à la Voie, le murîd est tel une pureté originelle. Lorsqu’il commet une insolence, il devient comme un oisillon nouveau-né (zaghal), il sera rejeté et personne ne l’accepte ».

    Et Allah –Exalté soit-Il- est plus Savant !

    *
    Extraits issus du livre : Lawâqîh el-Anwar el-qudussiyah fî ma'rifati qawâ'id eç-çufiyah de l'Imâm Abd el-Wahhab Charanî. (Traduction et notes inédites)
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    *
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    Convenances spirituelles de la Voie (25)


    Âdâb et-Tarîq

    *
    7 - Il lui incombe de s'opposer aux passions de son âme et de ne pas les suivre en ce qu'elles le poussent à faire. Les Maîtres sont unanimes à dire que le principal pour le murîd est de s’opposer à son âme.
    On a vu plus haut une illustration de cette règle dans le fait de se taire ou de parler, en fonction de sa disposition habituelle. Certains Maitres étendent également cette application au fait d’être ou pas en compagnie, de manger plus ou moins, selon l’appréciation qu’ils ont du bénéfice que peut retirer le disciple de l’état dans lequel il est et de celui qu’il pourrait obtenir en contrariant sa nafs. La mise en œuvre de ces dispositions nécessite donc, bien évidemment, une science particulière qui permet aussi d’éviter les réactions négatives de la nafs, rebelle par nature, qui pourraient être de nature, en créant une réaction qui installerait et fixerait une opposition profonde et insupportable, à aboutir à une rupture, finalement dommageable au murîd.
    Abû Bakr al-Tahsanânî a dit : « Le plus grand voile qui puisse exister entre Allah et toi, est que tu suives tes passions. »
    Ibn ‘Ata’ a dit : « Celui qui réclame une compensation au Seigneur en échange de son adoration, mérite l’exclusion et le rejet. »
    Exiger une récompense ou une compensation revient en effet à fixer une condition à son adoration

    Ibn Shaybân a dit : « Quiconque obéit à ses passions, sera privé de la contemplation d’Allah. » Il a dit aussi : « J’ai passé vingt années à désirer un plat de lentilles, mais je ne pus le faire. Puis, je le mangeai et je sortis. Les gardes du sultan m’arrêtèrent en disant : « Celui-ci a brisé hier, avec la troupe du sultan, une jarre de vin ! » et me donnèrent cent coups de fouet. Au même moment mon Maître Abû ‘Uthmân al-Maghribî passa près de moi et me demanda : « Qu’as-tu fait pour subir cela ? » Je répondis : « Je me suis adonné à la tentation ! » Le Maître demanda à ce qu’on me relâche, ce qui fut fait. Il dit alors « Si Allah le veut, tu as été sauvé sans contre partie ! »
    *
    N° 8 Le murîd doit s'appliquer à pénétrer le sens profond des fondements de la Voie et de ses conditions : quand l’un de ses fondements ou de ses conditions est détruit, le reste suit. Nous avons vu précédemment que les fondements de la Voie sont au nombre de quatre : la faim, l'isolement, le silence et la veille ; ce qui est en plus de ces quatre est secondaire. On dit en effet : " Qui manque de fondement s'interdit l'Arrivée ". Sache cela !

    L’importance de comprendre et établir les fondements de la Voie, en vue de son aboutissement, a été évoquée sous une autre forme précédemment. Il s’agit ici de l’aspect basique et nécessaire des dispositions et mesures qui garantissent au mieux les résultats futurs, in châ Allah

    *
    Extraits issus du livre : Lawâqîh el-Anwar el-qudussiyah fî ma'rifati qawâ'id eç-çufiyah de l'Imâm Abd el-Wahhab Charanî. (Traduction et notes inédites)
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    *
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  10. #60
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    Par défaut Re : Convenances spirituelles de la Voie (Âdâb et-Tarîq)




    Convenances spirituelles de la Voie (26)
    Âdâb et-Tarîq

    *
    9 - Il lui incombe de ne se faire le disciple que d'un Cheikh rompu aux sciences exotériques, ce qui lui permettra de se passer d'un autre que lui.

    Comme il arrive souvent au cours du livre, car les mêmes aspects peuvent être considérés sous plusieurs rapports (cf. René Guénon, introduction des Aperçus sur l’Initiation), Charani revient sur l’importance d’avoir un Cheikh unique, en tant que cela participe à la concentration du disciple.

    Dans l’idéal, en effet, le Cheikh cumule en lui les aspects les plus hauts et les plus complets des connaissances extérieures et intérieures, ainsi que les autorisations qui lui permettent d’exercer les fonctions nécessaires dans le cadre initiatique. Il existe en effet des êtres de réalisation totale qui ne disposent pas de l’autorisation d’exercer un enseignement ou une transmission initiatiques dans le cadre d’une tarîqah, de même qu’il peut exister des êtres qui disposent d’autorisations fonctionnelles régulières (et qui peuvent exercer, dans une certaine mesure et sous une certaine garantie, les fonctions correspondantes) sans avoir nécessairement rien réalisé en terme de connaissance initiatique (cf. René Guénon, Aperçus sur l’Initiation) ; de même qu’existent tous les cas intermédiaires entre ces deux situations extrêmes, c’est-à-dire des êtres de degrés de réalisation plus ou moins élevée exerçant régulièrement des fonctions plus ou moins étendues, mais dont ils disposent des autorisations initiatiques régulièrement transmises.

    En d’autres termes, dans le cadre d’une tarîqah, une autorisation (idhn, ijâzah) est nécessaire pour exercer régulièrement une fonction initiatique, quelle qu’elle soit, alors que la connaissance effective (= réalisation effective = ma’rifah) n’est pas nécessaire pour effectuer toutes les fonctions et qu’une réalisation effective même partielle permet d’assurer valablement, dans une certaine mesure, une fonction d’irchâd si celui qui l’exerce détient régulièrement l’autorisation correspondante.

    Notre Maître le Cheikh Mohammed el-Shannâwî m'a appris qu'il avait dit un jour à son Maître Sidî es-Sarwî : " Je voudrais visiter le Cheikh Untel. " Le Cheikh pris un visage refrogné et dit : " Mohammed, si je ne suffis pas pourquoi m'a tu donc pris comme Cheikh ? " Il dit alors : depuis ce jour là je n'ai plus visité d'autre que lui jusqu'à sa mort ! "

    On sait ainsi que celui qui prend la responsabilité de prendre un engagement avec un Maître qui n'est pas rompu aux sciences exotériques (ainsi que sont la plupart des Maîtres actuellement) * n'est pas coupable d'avoir des relations avec un autre ** ; c'est d'ailleurs à cela que se rapporte Abû Qâsim el-Qushayrî quand il dit : " Il est répugnant pour le murîd de se rattacher à l'école [point de vue, mazhab] d'un autre que son Cheikh ; il doit se tenir à suivre uniquement son Cheikh. " Car le Cheikh qui est érudit dans les sciences religieuses, se doit avec certitude de les transmettre. Il n’est pas répugnant que le murîd suive un autre que lui ; bien au contraire, c’est même un devoir pour lui.


    *Il est important de bien remarquer que cette dernière remarque est celle de l’auteur lui-même

    **Cette licence est la conséquence de la constatation précédente, faite publiquement par l’auteur durant la deuxième moitié du 10° siècle de l’Hégire.

    Le Cheikh Abou-l-Qasim el-Junayd disait : " Si je savais qu’il y ait en Allah une science qui se trouve sous la couche céleste plus noble que celle détenue par les soufis, je la rechercherais. »

    Il disait : « Il n’est de science que Allah n’a descendue du ciel, en aidant les gens à y accéder, sans qu’il ne m’en accorde une partie. »


    Abû al-Qâsim al-Qushayrî -Allah lui fasse miséricorde- disait : « Il est de coutume que les Maîtres de la Voie ne se présentent à celle-ci qu’après s’être versés dans les sciences religieuses et avoir atteint la station d’Illumination par laquelle on se passe de l’argumentation. Si un murîd adhère à d’autres écoles et y apprend les sciences, c’est qu’il ignore la place des soufis, car leurs arguments sont plus limpides, puisqu’ils se basent sur l’Illumination. A toute époque, les savants exotériques (‘ulamâ’) se montraient modestes face aux soufis, suivaient leurs orientations et leur demandaient de soulager les malheurs pendant les tourments. Il en aurait été autrement si ces savants n’avaient pas vu les qualités témoignant de la noblesse des soufis. »

    Nous avons développé ce point dans notre ouvrage : Les grandes règles des soufis.

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