
Convenances spirituelles de la Voie (22)
Âdâb et-Tarîq 3 - Il lui revient de s'appliquer constamment à l'effort spirituel envers son âme sans jamais se réconcilier avec elle. Le Cheikh Aboû Alî ed-Daqqâq -qu’Allah soit satisfait de lui- disait : " Qui embellit son extérieur par l'effort spirituel, Allah embellit son intérieur par la contemplation. Qui ne porte pas d'effort contre son âme à son début, ne respire pas le parfum de la Voie". Car une des particularités de la Voie d'Allah Ta’âlâ est en effet qu'au serviteur qui ne se donne pas tout en entier à la Voie, aucune partie de la Voie n'est donnée.
On a déjà vu précédemment une autre exigence de la Voie, à propos de la Jalousie d’Allah Ta’âlâ envers son serviteur, qui était l’expression d’un nécessaire tawhîd. Cette notion constitue une sorte de fil blanc de l’exposition de toutes ces règles qu’il pourra être utile, à l’occasion, de suivre tout au long du livre, in châ Allah, pour voir quelles sont les expressions multiples et cohérentes qu’elle peut revêtir.
Abu Othmân el-Maghribi -qu’Allah soit satisfait de lui- disait : " Celui qui croit qu'il sera "ouvert" quoi que ce soit de cette Voie [par la réalisation spirituelle effective] sans effort personnel, a espéré l'impossible. »
Le Cheikh Zaki ed-Dîn Ibrâhîm dit en ce sens, dans son épitre el-Khitâb (Propos général sur le Soufisme):
« Les dons spirituels et les illuminations du cœur, quant à eux, sont les fruits des efforts et des œuvres. Les Soufis sont des gens ayant des états spirituels (أحوال) et non des orateurs. N’arrive point à la Contemplation (المشاهدة) celui qui abandonne l’effort de dévotion (الْمُجَاهَدة).(…)
La guidance (الهداية) est aussi faite d’effort et de persévérance, et le Cheikh n’est qu’un « indicateur », uniquement (الشيخ دليل فقط) . Ainsi, celui qui ne travaille pas n’arrivera pas. Et celui qui ne cherche pas l’ascension spirituelle ne verra ni anoblissement, ni élévation de son être : sans marche, nul parcours ! Celui qui compte sur les œuvres qu’il a accomplies, succombera à l’orgueil, puis sera emporté par l’égarement et sera perdu.(…)
Quant à nous, nous indiquons la Vérité Essentielle (ونحن إنما نشير إلى الحقيقة) et montrons le chemin, puis nous laissons l’aspirant sincère (المريدَ الصادق) parvenir au bout de son chemin par son propre effort . En effet, ton Cheikh n’est pas celui que tu écoutes seulement (فليس شيخُكَ من سمعتَ منه), mais celui duquel tu prends réellement quelque chose (ولكن شيخك من أخذتَ عنه ). Celui qui persévère est juste et celui qui fait des efforts arrive."
Abu Ali ed-Daqqâq -qu’Allah soit satisfait de lui- disait : " Celui qui ne s'établit pas avec rectitude au début de la Voie, n'aura pas où s'asseoir à la fin".
La science des cycles permet de savoir qu’il existe une nécessaire correspondance entre le début et la fin de tout processus. Cette notion permet de comprendre, sous un certain rapport et avec les réserves propres à toute analogie, qu’il est particulièrement important d’accorder un soin et une attention tout particuliers à tout ce qui touche l’initiation comme telle, c’est-à-dire l’entrée dans la Voie, ainsi que le début du travail que l’on y effectue.
El-Hassan el-Arrâr -qu’Allah soit satisfait de lui- disait : " La Voie est établie sur trois choses : celui qui désire y progresser (murîdu-hâ) ne mange que par nécessité, ne dort que s'il est épuisé et ne parle que selon l'obligation légale."
Extraits issus du livre : Lawâqîh el-Anwar el-qudussiyah fî ma'rifati qawâ'id eç-çufiyah de l'Imâm Abd el-Wahhab Charanî. (Traduction et notes inédites)
(à suivre, in châ Allah …)
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Et Allah est plus Savant
Wa sall-Alla alâ Seyydinâ Mohammedin wa alâ Ali-hi wa Sahbi-hi wa sallam